8è Jeux de la Francophonie Abidjan 2017 – De Yamoussoukro à Abidjan, questions brûlantes sur le choix du gouvernement

La capitale économique ivoirienne a été choisie pour accueillir les 8è Jeux de la Francophonie prévus en juillet 2017. C’est le refus des étudiants de la Fesci (fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire) de libérer les chambres des cités universitaires de l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody qui a tourné les regards vers cet événement. Le Président Alassane Ouattara avait pu arracher l’organisation de cette prestigieuse compétition à d’autres prétendants, suite à une lutte acharnée. Mais sur son organisation, y compris sur le choix d’Abidjan, des questions subsistent. Les experts ont-ils exploré toutes les voies à même de créer une synergie de l’ensemble des ivoiriens autour de ce rendez-vous important pour notre pays ?

Politikafrique.info a opté pour le constat de terrain. A Yamoussoukro, capitale administrative et politique ivoirienne, à 260 Km d’Abidjan, dans le Centre-Sud du pays. Cette belle ville créée par la farouche volonté de feu Félix Houphouët-Boigny, père fondateur de la Côte d’Ivoire indépendante, n’est pas valorisée par les houphouétistes comme cela se doit. Le Président Ouattara tente de remettre Yamoussoukro dans la lumière de la République. Bien avant, la belle et paisible capitale de la Paix, avec sa célèbre Basilique Notre Dame de la Paix, avait été transformée, de 2003 à 2011, en forteresse militaire.

Cette ville, regorge d’atouts infrastructurels importants à même d’accueillir une partie des compétitions des 8è Jeux de la Francophonie de Juillet 2017. A neuf mois de cette échéance capitale, l’hypothèse ne semble pas sur la table. La lourde tâche
de conduire à bon port les destinées de l’organisation a été
confiée au Gouverneur du District Autonome d’Abidjan, Robert Beugré Mambé. Un ministère temporaire a donc été créé à cet effet.
Il y a quelques années, le Ministère des sports, sous l’égide d’Alain Michel Lobognon et même depuis la nomination de son successeur, François Amichia, a effectué des missions ont à Yamoussoukro.

« Yamoussoukro avait été une option avant le choix d’Abidjan » informe une source locale qui a assisté à des missions des ministres des Sports et Loisirs autour des préparatifs du choix définitif.
Traoré Abou, président de la Ligue Régional de football à Bouaké, estime que l’organisation de ces 8è Jeux « est un défi pour le pays qui tend vers l’émergence ».
« Le choix de la Côte d’Ivoire est un choix qui nous honore, surtout après la traversée du désert, c’est donc un défi à relever pour les autorités qui en ont les moyens » indique Traoré Abou.
Sur le choix d’Abidjan, il estime que « ceux qui ont choisi Abidjan ont suffisamment d’éléments sur les capacités d’hébergement de Yamoussoukro qui sont moindre qu’à Abidjan. Il faut savoir que ces Jeux ne valent que par leur accessibilité ; par conséquent, le choix d’Abidjan me paraît judicieux » a-t-il soutenu.

A Yamoussoukro, autorité en charge du développement du Sport et politiques vantent leurs atouts infrastructurels.
« Des bureaux spacieux à la fondation, 200 et 500 places dans les deux amphithéâtres, 2000 places dans la salle des congrès » énumère William Diatty, sous-directeur en charge de la communication au District Autonome de Yamoussoukro. C’est sans oublier les stades de football, de Maracana, de handball, volleyball au sein du lycée scientifique et de l’INHP-B. Pour lui, il serait plus facile de loger des athlètes à Bouaké et, le cas échéant, de les convoyer sur Yamoussoukro, de bien les y loger, plutôt que de gérer les casse-têtes des embouteillages d’Abidjan où la ferveur populaire n’est pas toujours au rendez-vous.

Sur place, des chauffeurs de taxi expriment leurs attentes par rapport à cet événement qui, selon eux, seraient d’un atout majeur pour l’économie de la ville. « C’est ce genre d’événement que nous recherchons ici » avant de citer des atouts de la capitale, « Yamoussoukro a de grandes rues qui empêchent les embouteillages, une facilité de circulation pour les délégations, et des bénéfices pour les opérateurs économiques que nous sommes » font-ils savoir à Politikafrique.info.
« Yamoussoukro présente des atouts non négligeables en termes d’accès avec l’autoroute à partir d’Abidjan, l’aéroport et la proximité avec Bouaké ainsi que des infrastructures d’accueil existantes, plus faciles à réhabiliter mais comme le gouvernement en a décidé autrement, nous suivons » fait savoir une source proche de la direction régionale du ministère de la Culture et de la Francophonie.

Sur les 26 bâtiments-dortoirs du lycée scientifique de la ville,  apprend Politikafrique.info. Le constat de visu montre bel et bien des bâtiments abandonnés à la merci de la broussaille verdoyante comme vous le verrez sur les images.
Y-a-t-il eu un lobbying qui a défavorisé Yamoussoukro ou sont-ce les autorités politiques de la ville chère au président Houphouët-Boigny qui n’ont pas été suffisamment convaincantes ?

Les difficultés de logement rencontrées à Abidjan, suite aux grèves des étudiants de l’université Félix Houphouët Boigny, le développement des territoires du pays, les retombées partagées, attendues de ces Jeux, devraient raisonnablement amener le gouvernement ivoirien à remettre sur la table le plan B de Yamoussoukro. Une approche qui serait profitable au tourisme, au transport, au sport, à l’économie, à la culture, à l’Emploi des jeunes. Yamoussoukro 2017, pourquoi pas ?

Adam’s Régis SOUAGA, envoyé spécial

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