Agrobusiness- Monhévéa.com, Agribiznet, Afrique au champ… sous enquête!

Les structures de lutte contre l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent et les mauvaises pratiques bancaires sont aux trousses des entreprises qui disent investir dans l’agrobusiness. C’est ce mardi 27 décembre que « les entretiens » avec les responsables  d’entreprises d’agro-business qui ont démarré le 15 décembre dernier, prendront fin et « jugeront de la nécessité de procéder aux visites des actifs physiques (plantations, constructions immobilières etc,) desdites entreprises sur le terrain » indique le rapport de la réunion qui fait « le point des travaux du groupe de travail sur l’agro-business » dont Politikafrique.info a pu se procurer copie.

Il découle de ce rapport que « le Conseil National du Crédit-CNC- en sa session du 22 septembre 2016, a interpellé l’Administration financière sur le phénomène de l’Agro-business ».

« Suite à l’interpellation du CNC, la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) a recommandé la réalisation d’une étude sur les entreprises d’agro-business. Elle a également convié l’ensemble des administrations financières à une réunion d’information sur la
question » lit-on dans le rapport. Ces entreprises d’agro-business proposent à leurs adhérents un investissement « de 1 800 100 FCFA pour la création d’une plantation d’un hectare de tomate afin d’obtenir, après une période de six mois deux semaines d’attente, un retour sur investissement de 6 048 000 FCFA, après déduction des frais logistiques de l’entreprise à hauteur de 28% sur un bénéfice brut de 8 400 000FCFA ».

La réunion d’imprégnation s’est tenue le vendredi 4 novembre dernier avec la présence de la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest), de l’APBEF-CI (Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire), de la CENTIF et les
établissements bancaires. Les objectifs de l’étude commanditée sur cette activité indiquent que les structures publiques n’ont aucune information fiable sur les promoteurs, les types d’activités, la réglementation en vigueur, mesurer la rentabilité réelle de ces entreprises au regard des retours sur
investissements proposés aux souscripteurs, s’assurer de l’existence des parcelles de production et des sites de construction immobilière, répertorier et classifier les risques courus par les populations. Le Groupe de Travail s’est d’abord réuni le 11 novembre puis le 25 novembre dernier. La CENTIF et la police économique ont présenté leurs conclusions relatives à leurs enquêtes conjointes.

L’enquête de la Police Economique sur Monhévéa.com « avait pour but d’établir le lien entre les recettes des récoltes et les revenus versés aux souscripteurs » indique le rapport. Quatre autres entreprises étaient dans le même temps sous le feu de la rampe, Ivoire champs, Respiidia, Makrub-Ivagrop et Agribiznet.Sagrici, Afrique au champ, Nouramba Group, Polyagrobiz, Monsuccess sont également concernées par ces enquêtes. C’est le vendredi 2 décembre que la troisième réunion a eu lieu avec convocation des différentes entreprises aux fins de venir fournir des réponses aux questions, nombreuses, que l’on se pose sur leurs activités. Pour une source bancaire de Politikafrique.info, « une note a été transmise à toutes les banques afin de ne plus commercer avec ces structures surtout Monhévéa.com ».

Pour certains ivoiriens, ce système qui semble afficher des résultats financiers invariables ressemble à celui du placement d’argent. Pour un investissement agricole, les promoteurs qui sont tous à Abidjan, semblent ne pas tenir compte de la notion des impondérables climatiques, des aléas naturels, des cours des biens produits sur les marchés. Nos multiples tentatives pour avoir l’avis des responsables de Monhévéa.com se sont soldées par une réponse qui en dit long sur la gêne qui tenaille les experts agricoles tapis à Abidjan. Le raccrochage au nez après un « non » relatif à la question des placements d’argent a été la seule réponse que Politikafrique.info a récoltée.

Du côté de la Direction du Financement et du Suivi des politiques Sectorielles (DFSPS) du Trésor Public, avoir une réponse à la motivation, après plusieurs mois d’exercice de ces entreprises, n’a non plus pas reçu d’écho favorable. Un fonctionnaire qui a bien voulu nous
répondre a juste botté en touche la quête d’information. « Une équipe d’enquête est constituée et travaille mais nous ne pouvons vous dire le niveau actuel de l’enquête » a répondu un interlocuteur qui a refusé de se présenter à Politikafrique.info.

Adam’s Régis SOUAGA
Source : Rédaction Politikafrique.info

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