Agrobusiness, Remboursement des souscripteurs, aucune date fixée

Apres avoir bloqué le compte des sociétés d’agrobusiness et assimilés, l’Etat ivoirien prépare  la phase de paiement des souscripteurs.

« Il n’y a aucune date  qui ait été arrêtée. C’est vrai que le communiqué signé du DG du trésor prévoyait  un chronogramme  de paiement aux souscripteurs  mais rien n’est encore détaillé », a affirmé Kouadio Siméon,  un souscripteur joint par  Politikafrique.info.

Koffi Rosemonde également souscripteur ne dit pas autre chose. « Ils n’ont pas encore donné de date. En principe ce n’est pas le trésor qui doit nous donner des dates. On doit plutôt être payés par les structures d’agrobusiness et non le trésor, mais en ce moment, je ne comprends rien », indique-t-elle.

L’Etat ivoirien a gelé depuis bientôt un mois le compte des entreprises exerçant dans l’agrobusiness pour des appréhensions quant à leur mode de fonctionnement.

Le 4 février dernier, le comité de veille mis en place sur le phénomène de l’agrobusiness a pondu un communiqué après  une étude menée par les services de l’Etat. Il était signé des mains de son président  Assahoré Konan  Jacques, Directeur général du Trésor de Côte d’Ivoire. Il établissait un chronogramme mis en place en vue de payer les souscripteurs.

«  C’est en réponse à ce communiqué que nous avons fait hier (6 février) notre conférence de presse. Elle était  basée essentiellement  sur le rejet de la déclaration. Nous voulions dire que nous ne sommes pas d’accord pour le paiement de nos investissements. Nous voulons nos retours sur investissement ( RSI)  ‘ ».

Les souscripteurs ont manifesté leur mécontentement après la déclaration du groupe de travail dont le chronogramme établit a été fait sans leur avis et ce par une conférence de presse.

« Nous n’avons pas signé de contrat avec l’Etat. Jusqu’à présent, les sociétés d’agrobusiness disent qu’elles sont en mesure de payer. Que l’Etat dégèle les comptes donc pour qu’elles  commencent à travailler et payer nos RSI » affirme A.K.

N’ont-ils pas peur de tout perdre au cas où ils n’accepteraient  pas le paiement de leur investissement que leur propose l’Etat ?

« Ce n’est pas qu’on a peur. Mais les sociétés d’agrobusiness  disent qu’elles  peuvent  nous payer  et c’est avec eux que nous avons un contrat, pas avec l’Etat », insiste A.K.

Pour mieux se faire entendre et mener le combat, les souscripteurs réunis au sein d’une coalition viennent de créer une fédération : « La fédération des associations et syndicats des souscripteurs de l’agrobusiness » est son nom. La motivation de l’un des meneurs : «Sur le plan légal c’est la fédération, qui est reconnue, la coalition c’était une plateforme de rencontre et d’échanges afin de pouvoir partager nos idées pour la lutte ».

D. K  est plus prévoyant. « Nous avons déjà pris un avocat pour poursuivre l’Etat », fait-il savoir. Cependant, il précise que « pour l’heure nous ne sommes pas sur le volet juridique  nous avons entamé des négociations ».
La déclaration du comité de veille faisait  des propositions suivantes :

1/ Etablissement des listes authentifiées des souscripteurs et des montants investis par société. A ce sujet, la collaboration des banques, des sociétés concernées et des souscripteurs est vivement souhaitée.

2/Identification des avoirs et biens des sociétés concernées, en plus des fonds déjà gelés, en vue de leur utilisation pour le remboursement des souscripteurs,

3/Elaboration d’un mode opératoire pour  déterminer de façon consensuelle  avec les souscripteurs ; les critères, les conditions et les documents à produire pour le remboursement du capital investi,

4/Démarrage du remboursement des souscripteurs, dans les banques où sont domiciliés les comptes gelés par l’Etat sur la  base d’un chronogramme qui sera arrêté dans les meilleurs délais avec l’ensemble des acteurs.
L’Etat en tant que garant de « l’intérêt général » avait fait ces propositions après avoir découvert après une étude que :
Ces sociétés collectaient des fonds auprès des populations par appel public à l’épargne au mépris de la réglementation communautaire en vigueur qui prescrit l’autorisation préalable du conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (crepmf).
Les retours sur investissement (RSI)  promis aux souscripteurs ne sont pas payés à partir des revenus issus de la vente des récoltes mais proviennent plutôt de nouvelles souscriptions.

Raïssa Yao  

Source:Politikafrique.info

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