Dossier / Attentat de Grand-Bassam, un an après, les artisans veulent un appui

Ils sont artisans, peintres, vendeurs d’objets d’art dans la station balnéaire. Ils ont vécu l’attentat du 13 Mars 2016 depuis leurs stands de vente. Certains ont dû assister, impuissants, aux pillages de leurs stands lors de la débandade causée par l’attaque terroriste. Un an après, retour sur les lieux.

La cinquante révolue, Nick Amon est artiste-peintre. Dans le métier depuis 1982, cela fait une vingtaine d’années qu’il réside à Grand-Bassam. Ce musicien a vu défilé bon nombre de visiteurs à son atelier, situé à dix pas de la plage. Nick Amon a également vécu l’attentat du 13 Mars 2016. Les souvenirs lui restent encore vifs dans la mémoire. « On a assisté à tout ce qui s’est passé. Ça été le traumatisme pour nous aussi. Je me souviens avoir pris le risque d’héberger des Belges ici à mon atelier (…) Mes tableaux ont été perforés. Ça n’a pas été facile, on a pris un coup » raconte-il.

Aujourd’hui, les jours de Nick Amon à Grand-Bassam sont comptés. L’homme a décidé de s’en aller de la ville historique. «Avant la crise, il m’arrivait de vendre des tableaux à un million ou deux millions Francs CFA aux européens, aux collectionneurs. Mais depuis l’attentat on n’arrive même pas à vendre pour 100.000 Francs CFA. C’est devenu difficile pour nous. On vit au jour le jour. Nous avons décidés d’aller à Assinie pour nous y installer et créer autre activité »planifie-t-il. Ibrahim Keita, lui, garde espoir d’un lendemain meilleur. « Ce sont les blancs qui font notre affaire. Aujourd’hui notre commerce tourne au ralenti certes mais on garde espoir. On constate la présence de nos clients européens. Leurs visites dans nos locaux pour s’assurer de notre présence nous rassure» dit-il confiant. Ibrahim Keita a vuson commerce pillé le 13 Mars dernier.Ce jour-là, ce vendeur d’objets d’art a dû abandonner son magasin fuyant les balles assassines des terroristes. « A notre retour c’est un magasin pillé que nous avons découvert mes associés et moi. On a été volé»raconte-t-il chagriné. « Avec les 10.000 Francs CFA du Président Ouattara et nos économies, nous avons pu rénover notre stand et refaire quelques objets d’art» explique Ibrahim. Le don de 100 millions Francs CFA du Chef de l’Etat à l’endroit des artisans auraient été distribués à tous les artisans de la stationbalnéaire de Grand-Bassam. Un « grand geste » considère A.S, cet artisan qui requière l’anonymat. « Seul la Mairie et le Président Ouattara ont eu pitié de nous en nous apportant un soutien financier. Certains d’entre nous ont reçu 2.000, 4.000, voire 10.000 Flors du partage mais vu que cela ne se faisait pas en fonction de la valeur des objets perdus, on a trouvé que c’était un grand geste du Président.Et ceci nous a beaucoup plus. Cet argent c’était pour essuyer nos larmes» estime notre interlocuteur.

Les regardssont plutôt tournés vers « le ministère de la culture» dit-on.« Le ministère ne nous aide pas. Bien avant la crise, on n’avait pas d’aide. On a beau envoyer des courriers de demande de soutien, de sponsoring, de mise en place d’un fond socio-culturel en vain. Avec la crise c’est encore grave. Aucune n’aide. »s’indigne A.S. Nos tentatives de rencontre avec la direction de la promotion artistique et culturel du Ministère de la Culture se sont révélées, à ce jour, infructueuses. Le gouvernement assure tout de même des réponses seront bientôt donnés, douze mois après l’attentat du 13 Mars.

Salimatou DIA

Source:Politikafrique.info

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