Dossier / Attentat de Grand-Bassam- Un an après, mesures d’accompagnement toujours attendues

Dans les heures les plus sombres de son histoire, la ville de Grand-Bassam a bénéficié d’un vaste élan de solidarité et de soutien venant de la nation entière et de la communauté internationale. Les bassamois, notamment les acteurs du secteur touristique, de la station balnéaire s’en souviennent. 

Quelques heures après l’attaque terroriste, le porte-parole du gouvernement  annonçait un montant de 300 millions de Francs CFA décaissés par le gouvernement en soutien à la ville de Grand-Bassam. Aujourd’hui, hôteliers et restaurateurs espèrent davantage du gouvernement, notamment sur les mesures d’accompagnement.

Contrecoup direct de l’attentat de Grand-Bassam : des déficits de trésorerie chez les hôteliers et les restaurateurs de la cité balnéaire. 300 millions de Francs CFA c’est le montant total reçu par la Mairie de Grand-Bassam pour des acteurs du secteur touristique. Cet argent remis à plus de 200 acteurs du secteur aura été pour certain un simple don en guise de compassion.

« Cette manne financière a été la bienvenue. Du responsable d’hôtel au restaurateur en passant par les masseurs et les artisans, tout le monde a touché quelque chose. C’était un « yako » de l’Etat » explique Jacques Ablé, PCA de l’Hôtel Etoile du Sud. « Mais cela ne nous empêche pas de dire que de l’Etat, on attendait beaucoup plus » estime-t-il.
« Il faut reconnaître que l’appui n’a pas été suffisant. Le gouvernement nous a promis un accompagnement au vu de ce nous traversions. Mais  il n’y a pas eu véritablement de suivi, pas de mesures d’accompagnement» s’indigne Alhassane Ouattara, président des hôteliers et restaurateurs et acteurs du tourisme de Grand Bassam.
Annulations de réservations et baisse systématique de la clientèle, les groupes hôteliers espéraient de l’Etat des allégements fiscaux.

Christian N’Tagbé, responsable du Canaan beach, qui a enregistré des victimes lors de l’attaque du 13 Mars 2016, témoigne d’une « période de disette durant les six premiers mois qui ont suivi le drame. »

Demandes d’« exonération sur l’impôt », de « réduction de la TVA », d’« abattement de 50 % sur la facturation d’électricité et d’eau », les requêtes introduites par les groupes hôteliers  sont restées lettre morte.
« Tout ce qu’on veut ce sont des allègements fiscaux. Qu’on réduise nos dettes envers l’Etat compte tenu de la situation que nous avons traversée» explique Jacques Ablé.

La commémoration du 13 Mars 2016 est, pour ces derniers, une occasion de tirer la sonnette d’alarme.
« Un an après, c’est le moment de se faire entendre des autorités. Ce n’est pas encore l’embellie pour nous. Il faut que le gouvernement cherche à mettre en place un système en vue de nous venir réellement en aide » espère le président des hôteliers et restaurateurs et acteurs du tourisme de Grand Bassam.

Interrogé à ce sujet par Politikafrique.info au terme du conseil des ministres du 08 Mars 2017, la réponse du porte-parole du gouvernement est que « Nous sommes douze mois après, on va prendre le temps de voir ce qui a pu se faire depuis.» 

Des réponses que les acteurs du secteur touristique attendent depuis des mois et espèrent avoir gain de cause ce 13 Mars 2017, lors de la cérémonie commémorative qui devrait enregistrer la présence des autorités.

Salimatou DIA

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