REPORTAGE / Attentat de Grand-Bassam, un an après, timide reprise des activités, les visiteurs tout de même rassurés

13 Mars 2016 – 13 Mars 2017, un an déjà que la Côte d’Ivoire essuyait une attaque terroriste. Le bilan de l’attentat de Grand-Bassam est lourd : 19 morts et 33 blessés selon les chiffres officiels. Un an après ce drame national, le pays se souvient encore de ses victimes. A quelques jours de la commémoration de cette journée noire par les autorités ivoiriennes, Politikafrique.info va à la rencontre des acteurs du secteur hôtelier et touristique de Grand-Bassam. La ville balnéaire retrouve-t-elle sa splendeur? Que devient le secteur touristique et hôtelier de Grand-Bassam ? Reportage.

Il est 10 heures ce dimanche 06 Mars 2017 sur la station balnéaire de la ville de Grand-Bassam. C’est depuis les ruelles que l’on entend des cris de joie, applaudissements et sons de musique. La plage de Grand-Bassam connait une grande affluence en ce dimanche. Hommes, femmes, jeunes et enfants sont venus assister à l’enregistrement d’une production de la RTI dénommée « Beach de la 2». Un événement organisé presque tous les week-ends avec la participation de la mairie. Concours de danse, prestation d’artistes, les clients semblent heureux et insouciants. « Nous sommes venus d’Abidjan pour nous détendre, nous amuser, loin du train-train quotidien » nous confie Fatim, jeune comptable en sortie détente entre collègues de travail.

Comme eux, Adeshiné et ses frères, venus du Nigéria pour les vacances, semblent enthousiasmés. C’est l’anniversaire du frère aîné, une sortie à la plage est le plan idéal. « Nous sommes venus nous distraire avant notre retour au pays. La plage est très animée, du coup nous sentons la belle vie à l’ivoirienne dont on nous parle tant et nous nous sentons en sécurité » assure-t-il.

Il y a de cela un an, cette plage de Grand-Bassam était le lieu d’une attaque terroriste. Le lourd bilan sur cette place est de 19 morts, dont 11 ivoiriens et 8 étrangers. Conséquence directe de ce drame : la baisse immédiate et drastique de la fréquentation des plages, restaurants et hôtels Bassamois.

« Les mois qui ont suivi l’attaque ont été difficiles pour les opérateurs économiques de la place, la clientèle se faisait rare. Nous avons fait presque quatre mois sans voir de client à la plage. Après l’attentat il n’y avait rien, absolument rien. Le rythme d’activité de Grand-Bassam avait ralenti » raconte Haba Marcel alias Pantcho, manager plagiste.
Aujourd’hui, ceci est un lointain souvenir nous raconte Jacques Ablé, PCA de l’hôtel étoile du sud, qui a enregistré des victimes lors de l’attaque du 13 Mars.

« Les choses évoluent. Aujourd’hui nous avons un taux d’occupation compris entre 25 et 30 % alors que pendant les six mois qui ont suivi l’attentat nous étions à 3%. On peut donc dire que ça va de mieux en mieux, même si, avant la crise, nous avoisinions les 70 à 80% de taux d’occupation et qu’aujourd’hui le chiffre d’affaires actuel de l’hôtel est de moins de 30%. Ce sont les plages qui sont bien plus fréquentées que les hôtels. En pourcentage, nous avons plus de touristes étrangers que de clients locaux. Ils viennent dans le cadre des séminaires, des séjours en famille car pour eux les hôtels sont sécurisés », informe Jacques Ablé.

Des touristes? Oui, on en trouve encore sur les plages et dans les hôtels de Grand-Bassam. Ana Orlando, italienne, la vingtaine, séjourne à Abidjan pour deux semaines. Elle a tenu à découvrir Grand-Bassam. « Laissez-moi vous dire que je me sens tranquille ici. Que ce soit à Paris, à Bruxelles, ou même en Italie, c’est les mêmes problèmes donc je me sens citadine du monde » affirme-t-elle sourire aux lèvres.

Le raisonnement est le même chez Jean-Marie Jacquet. Ce septuagénaire français a décidé de s’installer à Grand-Bassam sur les conseils de son épouse, une jeune ivoirienne. « C’est la proximité avec la mer et la tranquillité de Grand-Bassam qui nous a amené à faire ce choix. Et en ce qui concerne la sécurité, je viens de la France donc je suis bien placé pour savoir qu’on est en sécurité nulle part. Donc cela ne me cause aucun problème d’être ici à Grand-Bassam» dit-il rassuré.

Pourtant, à la mairie, il a fallu du temps pour voir le registre d’autorisation de visites être à nouveau opérationnel. Une reprise « assez timide » dit-on. Pour l’année 2016, 112 autorisations ont été délivrées pour les manifestations publiques, 5146 personnes ont été enregistrées pour les sorties détentes. Soit environ 5.500.000 FCFA entrés dans les caisses de la mairie. « Ce qui est largement faible par rapport à la période précédant l’attaque où le double voir le triple de ces chiffres pouvaient être atteints » fait savoir Yao Edouard, chef du service socio-culturel et de promotion humaine de la Mairie de Grand-Bassam.

Au premier trimestre 2017, seulement 21 autorisations ont été délivrées à ce jour et 254 personnes enregistrées». Une perte pour la mairie qui précise tout de même que « ces chiffres ne concernent que les visiteurs se présentant à leurs locaux.»

Toutefois les activités reprennent çà et là dans la ville. Séminaires, colloques, les hôtels quatre étoiles de la ville historique accueillent toujours des visiteurs. Cette semaine ce sont les agents de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et de l’Union africaine (UA) qui y séjournent. Signe de confiance et de reprise dit-on.

Salimatou DIA

Source:Politikafrique.info

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