Bouaké- Des militaires mécontents tirent en ville, des primes Ecomog exigées, écoles et banques fermées

Un nombre indéterminé de militaires est sorti d’une caserne pour occuper le centre-ville depuis 24h, pour se faire entendre. Avec des tirs nourris en l’air, ils occupent le centre-ville de la deuxième ville du pays.
« Pour l’heure, nous ne savons pas de quoi cela retourne et ne savons rien de leurs revendications. En tout cas, ce n’est pas au 3è bataillon » fait savoir une source militaire à Politikafrique.info.

« Ils revendiquent des primes Ecomog qu’on leur aurait promises avant l’assaut sur Abidjan. Ils ont fermé les deux corridors et paradent en ville en tirant en l’air » précise à Politikafrique.info une source bien informée.

Une autre source militaire confirme les tirs en l’air et cette nouvelle montée d’adrénaline à Bouaké, sans pouvoir en dire plus sur les motivations réelles des soldats mécontents.

Cette question de primes Ecomog figurait parmi les revendications des soldats qui avaient secoué Bouaké et la République en novembre 2014. Les jeunes soldats soutiennent que l’état-major des ex-FAFN leur avait promis cette prime pour combattre l’armée pro-Gbagbo en lieu et place des soldats de la Cedeao qui étaient annoncés. Quelle preuve écrite? Aucune avaient reconnu les soldats en son temps avant leur déplacement sur Abidjan pour des discussions ouvertes au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.

Par mesure de précautions, les établissements bancaires n’ont pas ouvert ce jour sur recommandation des services de sécurité.

Politikafrique.info apprend par ailleurs que les soldats mécontents, qui apparemment sont les mêmes que ceux qui ont pris la rue en novembre 2014, devraient commencer ce mouvement hier jeudi 5 janvier à Korhogo. Finalement, c’est Bouaké qui a lancé l’insurrection comme à l’accoutumée. On craint un effet de contagion qui toucherait Daloa et Abidjan où ces éléments issus de l’ex-rébellion font partie des troupes.

« Des hommes seraient embusqués, on ignore s’il s’agit d’ex-combattants ou de militaires en service. Tout est flou » fait savoir un responsable de banque contacté par Politikafrique.info.

Les établissements d’enseignement publics et privés ont fermé juste après l’arrivée des premiers enfants. Des messages ont été envoyés aux parents pour aller récupérer leurs progénitures.

Le 18 novembre 2014, l’ensemble des soldats issus des ex-Forces armées des Forces nouvelles (ex-rébellion du Nord) avait manifesté bruyamment mais pacifiquement pour réclamer des arriérés de solde sur deux ans et de meilleures conditions de vie et de travail.
Le Chef de l’Etat avait fait droit à leurs revendications tout en condamnant leur approche.

Bouaké est depuis la fin de la crise militaro-civile déclenchée le 19 septembre 2002, un point d’angoisse permanent pour les autorités militaires et politiques du pays. Peu avant la fin d’année 2016, le commandant de la 3è Région Militaire, le Colonel Coulibaly Bamoro, a fermé une permanence des ex-combattants qui menacent en permanence de troubler l’ordre public.

Adam’s Régis SOUAGA
Source : rédaction Politikafrique.info

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