Cherté de la vie, conditions difficiles de vie- Cadet des soucis des politiciens, on court vers 2020

Les partis politiques bénéficient de financement public pour donner un sens à la démocratie. Donc se préoccuper du peuple et de ses conditions de vie devenues un véritable casse-tête chinois. Pendant que les ivoiriens crient et que le gouvernement tente de trouver les solutions idoines, la classe politique dans son ensemble est obnubilée par la course au pouvoir.

Le PDCI-RDA a achevé un grand rassemblement ce samedi 10 juin à Yamoussoukro pour soutenir Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara mais surtout réclamer l’alternance en 2020. Avec une opposition qui cherche ses marques, la coalition au pouvoir, le RHDP (Rassemblement Des Houphouétistes pour la démocratie et la paix) est secouée par les coups de coude du RDR et du PDCI-RDA. Mais, en face des deux partis houphouétistes qui se querellent le respect de la parole donnée se dresse Guillaume Soro devenu leur pire cauchemar. Le président de l’Assemblée Nationale vole la vedette à tout le monde, est dans la presse, acculé dans ses derniers retranchements. Lui, manœuvre pour « la paix et le pardon ». Ses adversaires de tous poils et de tous bords ne l’entendent pas de cette oreille et attaquent. Dans la foulée des antagonismes, trente députés proches de lui ont créé « l’alliance du 3 avril ». Pendant ce temps !

Denrées de première nécessité hors de prix, (même les mangues le sont pour une frange d’ivoiriens), prix de vente des maisons, exorbitantes et impossible pour les constructeurs et entrepreneurs immobiliers de revoir à la baisse en dépit de l’injonction du gouvernement, frais de transport routier qui assomment au quotidien, difficulté à avoir deux repas quotidien, eau potable illusoire dans certains hameaux…la vie est dure et chère. Mais, c’est le cadet des soucis des politiciens, préoccupés à préparer les conditions d’accès au pouvoir pour diriger un peuple désabusé.

Depuis l’annonce du Président de la République devant le corps diplomatique, précisant qu’il se retirait de la scène politique après son second et dernier mandat, la frénésie s’est emparée des politiciens. Aucun groupement politique ou homme politique ne se prononce sans calcul sur la situation de précarité dans laquelle vivent les ivoiriens. La seule préoccupation, à trois ans de 2020, faire le plus de bruit pour bénéficier du vote d’ivoiriens dont on se soucie peu.

Les premiers mécontents sont les producteurs agricoles parmi lesquels Obed Blondé Doua, président du syndicat de tout travailleur agricole de Côte d’Ivoire (Synttaci) soutient que « la politique sociale en faveur du monde agricole a été un véritable échec du fait de ceux qui en avaient la conduite. La politique intéresse peu la population et principalement les producteurs agricoles. Aujourd’hui, on s’intéresse peu à ceux qui ont des ambitions et veulent coûte que coûte les assouvir. »

Le Secrétaire Général adjoint du FPI (Front populaire ivoirien, opposition pro-Gbagbo), Jean Bonin Kouadio estime que « beaucoup d’ivoiriens sont désespérés, pressés que la situation finisse. Ils se projettent dans trois ans, c’est leur façon d’exprimer leur désarroi. La présidentielle, c’est un marathon et non un sprint. Nous estimons pour notre part qu’il revient au pouvoir de chercher un consensus pour sortir le pays de la crise dans laquelle il l’a plongée. Dans tous les cas, en 2020, celui qui sera au pouvoir héritera de tous les maux, mutinerie, crise sociale et autres. »

Défenseur des Droits de l’Homme, Dr Adjouamni Kouamé rappelle pour sa part que « A la Lidho (ligue ivoirienne des droits de l’Homme), nous sommes pour les droits des pauvres, les droits élémentaires d’accès à l’éducation, à la santé, à la saine alimentation. Tous ces droits ne sont pas pris en compte. Quand on arrive dans le pays profond, le constat est que les écoles sont engorgées, les plateaux techniques des hôpitaux sont vétustes alors que la médecine évolue, les familles ne peuvent s’accorder trois repas quotidiens, paradoxalement, la classe politique pense aux élections en 2020 et ne pense pas à savoir comment vit la population » dénonce-t-il.

Dr Adjoumani Kouamé interpelle le Chef de l’Etat pour la mise en œuvre du bilan trimestriel par ministère. « Il faut une redevabilité de ceux qui nous gouvernent, il faut des hommes pour les gouverner mais si ceux-ci ne mangent pas et ne peuvent se soigner, c’est un réel souci, c’est un cri d’alarme que nous lançons aux décideurs » fait-il savoir.

Le délaissement de la population aurait pu trouver solution si le transfert des compétences avait été effectif. Or, de l’avis de Mamadou Traoré du conseil régional de la Bagoué (Boundiali), « les ministères freinent avec un refus manifeste de transférer une partie de leurs actions. »

Il se dit « pas surpris » par cette course au pouvoir qui est « une tradition » qui a tout de même, après « le décès d’Houphouët-Boigny conduit à la création du RDR, au coup d’Etat de décembre 1999, à la rébellion. Le Président Alassane Ouattara a dit et comme tout le monde le connaît en homme de parole, qu’il ne rempile pas. Qu’on ne se le cache pas, chaque camp commence sa campagne deux ou trois ans avant. Malheureusement, dans cette campagne, les conditions de vie des populations sont mises de côté. C’est l’éthique des hommes politiques, ce qui les préoccupe, c’est l’élection, ils diront qu’ils ne sont pas au pouvoir et cherchent à y accéder pour avoir les moyens afin de régler les problèmes de cette population » constate l’enseignant proche du RDR.

Poursuivant, il indique que « c’est une désillusion au sein de nos populations, le taux de participation aux prochaines élections va cruellement baisser, la population est déçue, elle ne croit plus aux hommes politiques » relève-t-il.

Le politologue Geoffroy-Julien Kouao relativise et ne limite pas le phénomène à la seule Côte d’Ivoire. « C’est au pouvoir exécutif qu’il revient de s’occuper du quotidien des ivoiriens » tranche-t-il estimant de « bonne chose » cette frénésie des probables candidats ou mouvements intéressés à la présidentielle de 2020. « Chacun veut mettre son expérience au service du pays mais tout dépendra de l’offre politique, la qualité et les statures des candidats pour une sortie appréciable des électeurs » analyse le juriste politologue-essayiste.

Il dénonce des « velléités de candidatures sans visibilité idéologique » afin de faciliter une saine lecture de l’offre par les électeurs.

Adam’s Régis SOUAGA

Source : Rédaction Politikafrique.info

 

 

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