Conflit maritime Côte d’Ivoire/Ghana : L’élection de Nana Akufo-Addo, début de solution?

Le Président ivoirien, Alassane Ouattara sera au Ghana, en tant qu’invité d’honneur à l’investiture du nouveau président ghanéen, Nana Akufo-Addo, samedi 7 janvier 2017.  Le changement de pouvoir au Ghana permettrra-t-il de déboucher sur une solution dans le conflit frontalier maritime pour lequel les deux pays ont saisi la justice internationale?

Joint par Politikafrique.info, Dr Séraphin Prao Yao, économiste ivoirien, enseignant-chercheur à l’Université de Bouaké, reste très optimiste quant aux futures négociations.

« Je pense que le nouveau Président Nana Akufo Addo, qui est libéral comme son homologue Ouattara, va discuter pour que l’affaire soit réglée à l’amiable», estime l’économiste.

Poursuivant, il fait savoir que « Même si le différend n’a pas pu être résolu en terre africaine et qu’il est maintenant devant les juridictions internationales, les deux pays peuvent trouver un terrain d’entente même au niveau international », soutient-il.

Avant d’ajouter qu’« En toute chose, l’issue des négociations dépend de l’état d’esprit des belligérants. Les discussions vont changer, car chaque gouvernement a son aura», analyse l’universitaire.

Après l’échec des négociations avec l’ancien régime de John Dramani Mahamat, les deux pays  ont eu recours à la justice. Ils seront donc du 6 au 16 février 2017 devant la chambre spéciale du Tribunal international du droit de la mer (TIDM) à Hambourg, en Allemagne, pour les audiences de plaidoirie.

A en croire Dr Séraphin Prao Yao, la sagesse va animer les deux présidents, puisque lors, de l’investiture, ils vont plancher sur la question pour qu’avant l’échéance de février du Tribunal international du droit de la mer, chacun mette un peu d’eau dans son vin.

Selon lui, «Ce n’est pas pour une goutte de pétrole ou de baril de pétrole que nous allons nous entre-tuer.  Nous sommes tous africains, si nous voulons aller demain à l’unité africaine, il faut que nous fassions des concessions. Si pour quelques barils de pétrole, il faut que les pays africains partent dans les juridictions internationales, je pense que ce n’est pas digne de la grande Afrique que nous voulons construire », déplore-t-il.

Quant à Dr Geoffroy Kouao Julien, juriste-politologue, il est  en revanche d’accord pour  un règlement juridique et judiciaire du différend.

« La Côte d’Ivoire et le Ghana ont suivi la meilleure voie. Les eaux territoriales sont internationalement définies, les Etats doivent suivre cette convention. Maintenant, il faut respecter la décision  qui sera prise », soutient-il.
Pour lui, il faut qu’au-delà des rapprochements idéologiques et même des activités personnelles entre les deux hommes d’Etat, il faut interroger le droit international de la mer, attendre sa décision et la respecter.

Par ailleurs, le politologue fait savoir que dans tous les cas, il y a un enjeu, économique important, vu l’importance du pétrole dans les économies des Etats.

Selon les experts, le territoire, objet de litige entre les deux Etats, pourrait renfermer environ 2 milliards de barils de pétrole et une grande quantité de gaz.

Toutefois, Dr Geoffroy Kouao Julien, indique que « les liens séculaires historiques entre ces deux nations ne devraient pas être oubliés et sacrifiés sous l’autel de l’or noir », interpelle-il.

Ainsi, il invite le  Ghana et la Côte d’Ivoire à se référer au droit international et  à respecter la décision. Ce, afin que les deux pays cohabitent pacifiquement et dans  les intérêts de leurs peuples respectifs.

Âgé de 72 ans, le nouveau Président Ghanéen Nana Akufo- Addo, libéral et proche d’Alassane Ouattara, a remporté l’élection du 7 décembre avec 53,3% des voix contre 44,4%  pour son adversaire, le Président sortant, John Dramani Mahamat.

Gnoungo Fanta
Source : rédaction politikafrique.info

Commentaires Facebook Politik Afrique

comments

EVALUEZ CET ARTICLE
User Rating
0/10

ARTICLES DE LA CATEGORIE

Quelque chose à dire :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*