Conseil de sécurité de l’ONU, La Côte d’Ivoire en plein lobbying, enjeux d’une candidature

La Côte d’Ivoire est en campagne  pour le poste de membre non permanent au Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations-Unies pour la période 2018-2019. Que gagne le pays à siéger au Conseil de sécurité ?

Dans la dynamique d’un lobbying, le ministre des Affaires étrangères, Marcel Amon Tanoh était du 11 au 13 avril 2017 aux États-Unis pour expliquer aux principaux acteurs de l’élection des membres du Conseil de sécurité, les motivations de la candidature de la Côte d’Ivoire pour le poste de membre non permanent  2018-2019 de l’organisation internationale.

C’est le 11 octobre 2016 que le Président,  Alassane Ouattara, a procédé au lancement officiel de la campagne de la Côte d’Ivoire pour le siège de membre non permanent du Conseil de  Sécurité pour la période 2018-2019. Quels peuvent être les  enjeux pour un pays d’être membre non permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU?

Palé Dimaté, spécialiste ivoirien des questions internationales, décrypte pour politikafrique.info, les retombées d’un siège de membre non permanent au Conseil de Sécurité pour la Côte d’Ivoire. « Cette candidature est de haute portée politique. Siéger au Conseil de sécurité a une incidence diplomatique et économique positive pour le pays parce que le centre  aux harmonies des efforts de paix, c’est le Conseil de Sécurité. C’est un organe important parmi les organes dirigeants de l’ONU, tout part du conseil de sécurité », soutient le spécialiste.

Il note en poursuivant  son analyse que la Côte d’Ivoire a besoin de renouer avec tout le monde et de participer à la résolution d’un certain nombre de problèmes au niveau international, puisqu’elle sort d’une crise. « Ce sera un privilège pour notre représentant futur au Conseil de Sécurité de poser les problèmes et d’expliquer un certain nombre de choses sur la Côte d’Ivoire, sa bataille pour l’émergence, la sortie de crise totale et le retour de la paix définitive », justifie Palé Dimaté. Non sans préciser que  la Côte d’Ivoire aura son mot à dire, pas seulement sur l’Afrique, mais sur le monde entier, même si elle n’a pas de droit de veto.

Les élections pour le poste de membre non permanent du Conseil de Sécurité auront lieu en  juin prochain lors, de la 72ème session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

Le chef de l’Etat ivoirien avait présenté la candidature de son pays à l’occasion de  la  71ème session de l’Assemblée générale de l’organisation en septembre 2016. Il a indiqué que la Côte d’Ivoire ira au Conseil de Sécurité, pour rappeler au monde que nous ne devons pas faillir dans notre lutte contre le terrorisme qui continue de faire des victimes.

Pour François Adou, géo-politologue, Enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny, siéger au Conseil de Sécurité de l’ONU, c’est d’abord le positionnement de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale, après plus de 25 ans d’absence au Conseil de sécurité.

Toutefois, il fait savoir que le vrai enjeu pour la Côte d’Ivoire, serait de savoir comment combattre la pauvreté, les inégalités. « Avant de se repositionner, que  la Côte d’Ivoire puisse d’abord relever les défis de la réconciliation nationale et de la prospérité économiques ». « Quand on n’a pas tous ces atouts, il est difficile d’être bien vu sur la scène internationale», estime l’universitaire. Avant d’ajouter que ce n’est pas trop un événement, une panacée d’être membre non permanent au Conseil de Sécurité de l’Onu, car beaucoup de pays l’ont été, mais cela n’a pas  apporté  grande chose en terme économique.

En revanche, selon, Dr Séraphin Yao, économiste, devenir membre non-permanent du Conseil de Sécurité est important pour un pays comme la Côte d’Ivoire qui veut être émergent à l’horizon 2020. Selon lui, entrée au Conseil de Sécurité permettra à la Côte d’Ivoire d’avoir des opportunités économiques, puisque le pays participera aux grandes décisions du monde. Cette ouverture impactera sur le tourisme ivoirien et la collaboration avec les grandes institutions financières comme le Fond monétaire international.

Le Conseil de sécurité de l’Onu compte cinq membres permanents (Etats-Unis, France, Russie, Chine et le  Royaume-Unis), dotés du droit de veto et 10 membres non permanents élus par l’Assemblée générale pour un mandat de deux ans (renouvelé par moitié tous les ans). Les 10 membres non-permanents sont eux  dépourvus du droit de véto.

Les trois pays africains membres non-permanents pour la période 2017-2018 sont le Sénégal, l’Angola et l’Égypte.
Pour rappel, la Côte d’Ivoire fut membre non permanent du Conseil de Sécurité pour les périodes 1964-1965 puis 1990-1991.

Gnoungo Fanta

Commentaires Facebook Politik Afrique

comments

EVALUEZ CET ARTICLE
User Rating
0/10

ARTICLES DE LA CATEGORIE

Quelque chose à dire :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*