Corée du Sud :   Les députés destituent la Présidente Park, la rue gagne contre la présomption de corruption

La rue a fini par avoir la tête de la présidente empêtrée dans un scandale de corruption.

Mauvais temps pour la Présidente sud – coréenne, Park Geun-hye. Après les manifestations de rue  exigeant son départ, le parlement a voté ce vendredi par 234 voix contre 56 une motion en faveur de sa destitution.
Le texte de la motion de destitution accuse la cheffe de l’Etat  de « corruption, d’abus de pouvoir et de violation de la Constitution. »

La Présidente Park Geun-Hye perd ainsi ses pouvoirs suprêmes. La validation définitive ou non de la destitution sera prononcée dans six mois par la Cour suprême de son pays. Avant la décision de l’institution, c’est le Premier Ministre  Hwang Kyo-Ahn qui dirige désormais la Corée du Sud.

La motion soutenue par l’opposition et les députés indépendants fait suite aux révélations « Choi gate » diffusées en octobre dernier sur le vaste scandale de corruption impliquant la Présidente.

Le scandale en question tourne autour de Choi Soon-Sil, amie et confidente de la Présidente Park Geun-Hye. Choi Soon-Sil surnommée « Raspoutine » par la presse locale est accusée d’avoir profité de ses liens avec la Présidente pour extorquer de fortes sommes d’argent aux conglomérats sud-coréens pour le compte de ses fondations.
Joint par politikafrique.info, Dr Fulbert Yao, sociologue, enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny indique que cette motion cadre avec l’éthique des Sud-coréens.

« Les asiatiques ont une culture qui est différente de la nôtre, généralement chez eux quand une personnalité est reconnue coupable  pour tel ou tel délit, c’est la personnalité elle-même qui démissionne. On a vu des Premiers Ministres, des ministres de l’Economie démissionner des suites de certains scandales, bien même que le délit n’avait pas encore été prouvé. Mais, à partir du moment que l’accusation a été lancée, ils ont jugé utile de démissionner », constate  le sociologue.

Selon lui pour le cas du scandale de la Présidente, le peuple a patienté en vain qu’elle démissionne. « C’est la raison pour laquelle ils font pression et que la motion a été adoptée par les députés », soutient l’universitaire.
Depuis l’annonce du scandale, plusieurs manifestations hebdomadaires demandant le départ définitif de la Président ont eu lieu à Séoul, la capitale.

La Présidente Park Geun-Hye a présenté ses excuses publiques larmoyantes, à tout  le peuple sud-coréen. Néanmoins, elle a démenti toutes les accusations à son encontre.

Femme d’affaire, Choi Soon-Sil, amie de la Présidente Park Geun-Hye est la fille de Choi Tae-Min, chef d’une secte religieuse.  Elle est actuellement en garde à vue. L’audience préliminaire du procès est prévue pour le 19 décembre.
La corruption au sommet de l’Etat est légion dans le monde. Le cas de la Corée du Sud n’est pas isolée. L’ex-présidente brésilienne, Dilma Roussef a elle aussi été destituée en août 2016 pour manipulation des comptes publics dans son pays.

En dépit de ses excuses publics et du limogeage de ses conseillers, le mandat de la Présidente Park Geun-Hye qui s’achève en  2018, risque d’être écourté.

Park Geun-Hye connaîtra-elle le même sort que Dilma Roussef ?

Gnoungo Fanta
Source : politikafrique.info

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