E-impot- lutte contre la corruption? « rien à voir », la douane, lancement bientôt

Payer ses impôts pourra se faire désormais par voie électronique. Si pour le moment, ce mode de paiement  ne concerne que les grandes entreprises, l’opération devrait s’étendre dans un an à tous les contribuables. Cependant à quels résultats devrait-on s’attendre ?

Disponibilité, simplicité, rapidité et  sécurité sont les avantages principaux prônés par la  direction générale des impôts (DGI) à travers son tout dernier service e-impôt, service de   paiement en ligne.

En 2016 sur une recette fixée à 945.866 milliards de FCFA, la DGI annonçait dès le premier semestre de l’année la réalisation de 965.806 milliards soit un écart positif de 19.940 milliards. Ce résultat était en hausse de 12, 4% par rapport au  premier semestre de 2015.

« On ne peut pas savoir.  C’est trop  tôt pour se prononcer sur le sujet », déclare M. Koffi, chargé de la communication externe au niveau de la direction générale des impôts, à Politikafrique.info à la question de savoir si ce mode de paiement pourrait permettre d’atteindre le budget de l’année écoulée.

Cependant il précise que le cœur de cible pour le moment est essentiellement les entreprises qui ont au moins 200 millions de FCFA de chiffre d’affaire et qui d’ailleurs remplissent les conditions définies.

«  Une grande entreprise a une comptabilité, un site internet, une boite électronique ».  Et de préciser  que dans cette opération « nous ne visons pas  le boucher, la coiffeuse ou la petite vendeuse de quartier ». Il déjoue ainsi la préoccupation de politikafrique.info  quant aux éventuelles difficultés que pourraient rencontrer les usagers de ce nouveau service. Il s’agit notamment de celles liées à la couverture d’internet ou encore au taux d’alphabétisation qui pourraient être un obstacle.

Il explique que pour la seconde étape de l’opération qui  va s’étendre à tous les contribuables en 2018,  le paiement utilisé sera le transfert d’argent mobile. « Il n’y a pas aujourd’hui un seul foyer ou il n’y ait pas de téléphone portable ».

Il prend pour exemple le règlement des factures par voie électronique qui marche bien. Le taux de pénétration de téléphone mobile est de 100% en Côte d’Ivoire. Quant à celui d’internet, il est estimé à 34%.

En sus, M. Koffi précise qu’ils ne sont qu’au niveau des grandes entreprises et que «  le paiement au niveau des caisses avec les petits contribuables continue ».

Serait-ce un moyen pour  lutter contre la corruption ?  « Cela n’a rien à voir avec la lutte contre la corruption .Il s’agit d’améliorer la qualité de la prestation fournie au contribuable», précise notre interlocuteur  mais également d’alléger la tâche du contribuable, ajoute-t-il.

Pour Sako Maxime consultant en gestion, analyste économique et financier, cette innovation participera  un temps soit peu et toute mesure gardée à la modernisation fiscale en Côte d’Ivoire. Selon l’économiste, cette nouvelle mesure « va à coup sûr engendrer des coûts qui viendront s’ajouter à l’énorme pression fiscale exercée sur les entreprises ivoiriennes, fait déjà dénoncée par le patronat ivoirien ».  Et de conclure que   « Modernisation des instruments de collecte d’accord mais modernisation de la loi fiscale pour aider les entreprises à atteindre l’émergence d’abord »
Le gouvernement ivoirien a lancé le 15 avril dernier l’e-impôt, un portail de déclaration et de paiement des impôts et taxes en ligne.

Selon Ouattara Sié  Abou  le  directeur général des impôts,  ce mode de paiement va éviter que l’on soit   «  agressé avec de la liquidité ». Et d’argumenter : « aujourd’hui on parle d’émergence, mais il faut que l’administration fiscale y soit à travers ses outils modernes de gestions des impôts ».  Quant à Abdourahmane Cissé, ministre du budget  et du portefeuille de l’Etat, il s’agit pour lui de   « …simplifier  l’accomplissement des formalités et améliorer les services de l’administration ivoirienne ».

Du côté de la  douane ivoirienne, la seconde régie financière ivoirienne, un projet du même genre est en laboratoire. Il s’agit à  travers « le guichet unique   qui consistera à dématérialiser tout ce qui est papier », indique  Olga Kouassi du service communication de Webfontaine structure qui travaille en partenariat avec la douane sur l’insertion de l’ e-paiement.  «  Il est pratiquement prêt.  Le lancement est pour bientôt »  a indiqué olga kouassi. Une application mobile qui permettra aux usagers de suivre l’évolution du processus sera également disponible.

Raïssa Yao

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