Crise du cacao – Côte d’Ivoire et Ghana, même produit, différents prix appliqués

Deux pays, même produit principal d’exportation, mais différents prix appliqués. Selon le magazine ‘’ Agence Ecofin’’ dans sa publication de ce jeudi 15 juin, dans lequel il cite l’agence financière ‘’Bloomberg’’, le Ghana, deuxième pays producteur de cacao derrière la Côte d’Ivoire a réussi à stabiliser le prix d’achat de ce produit sur son territoire.

A en croire le confrère, pour parvenir à ce maintien du prix, « le gouvernement ghanéen devrait probablement recourir au Fonds de stabilisation ». Une sorte de grenier dans lequel ajoute le magazine, ce pays a accumulé des ressources financières « durant des années de hausse des cours mondiaux de la matière première ». Aux fins « d’atténuer l’impact de la volatilité des prix sur les producteurs. »

C’est d’ailleurs cette stratégie qui a permis au Conseil ghanéen du cacao (Cocoboard) équivalent du Conseil du café-cacao en Côte d’Ivoire, de stabiliser son prix durant la campagne intermédiaire débutée courant mars 2017. Et le conforte aussi dans sa volonté de maintenir le même prix pendant la saison cacaoyère prochaine 2017/2018. A la différence de la Côte d’Ivoire, 1er producteur mondial qui a revu à la baisse le prix appliqué sur son territoire.

Maxime Sacko est consultant en Economie en Côte d’Ivoire et estime que « Ce n’est pas un problème de gestion de la filière, mais une question de choix », indique-t-il d’entrée dans son analyse pour Politikafrique.info qui l’a joint.  « La Côte d’Ivoire et le Ghana sont deux pays différents. Donc deux réalités différentes et deux économies distinctes aussi. En finances, il y a une règle qui dit : plus l’opération est risquée, plus elle est rentable. Et c’est cette règle que semble appliquer la Côte d’Ivoire », fait-il savoir.

Selon lui, la politique de vente du cacao et du café étant basée sur les fluctuations du marché, elle est essentiellement financière. Et consiste à « prédire les stocks, estimer leur valeur, pré vendre aux planteurs et profiter d’une fluctuation favorable et vendre le stock ».

Le Ghana, deuxième producteur mondial du cacao fixe sur son territoire le prix de 7 600 Cédis la tonne de cacao soit, 7,6 Cédis le kilogramme (environs 1020 FCFA). Cette tarification est restée inchangée en dépit des fluctuations intervenues sur le marché international. En Côte d’Ivoire, la récente baisse des cours sur le marché de Londres a fortement impacté le prix bord champ de cette culture de rente. Le pays, premier producteur fixe la tonne à 700 000 FCFA, soit 700 FCFA le Kg pour la même campagne intermédiaire.

Pour Maxime Sacko, la politique de vente du cacao et du café basée sur les fluctuations du marché nécessite des mécanismes stricts et sécurisés pour pouvoir fonctionner. Des paramètres qui dit-il ont surement fait défaut en Côte d’Ivoire, et qui est a mis à nu la défaillance du fonds café-cacao. A l’en croire, avant la baisse des cours mondiaux pourtant, le système fonctionnait parfaitement. Car « le fonds arrivait à absorber les chutes relatives du marché ».

Mais, il reconnaît que si les deux pays utilisent le même mécanisme de vente, le Ghana a une maîtrise de son prix de vente au-dessus de 1000 FCFA qui réside en la maîtrise de son mécanisme de régulation. « Les procédures édictées sont effectivement respectées. Le fonds de compensation existe et les capitaux sont destinés à leur usage », comment l’économiste, pour qui la Côte d’Ivoire doit se doter « d’institutions cacaoyères fortes ». « Le fonds de garantie a montré ses limites. Il faut changer de fusil d’épaule, penser plus grand. Envoyer un signal fort au marché international pour que les fluctuations nous soient bénéfiques », préconise-t-il. Et de proposer la création « d’un secrétariat du café-cacao ».

Jusqu’à fin mars 2017, le prix bord champ du cacao était fixé à 1100 FCFA en Côte d’Ivoire.

Richard Yasseu
Source : rédaction Politikafrique.info

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