Crise politique en Gambie : Le recours de Yahya Jammeh en attente pour mai, Jammeh menace la CEDEAO

La décision tant attendue de la Cour suprême gambienne n’est pas tombée. Annoncé pour ce mardi 10 janvier, le verdict de  L’examen du recours de contestation des résultats de la présidentielle du 2 décembre 2016, introduit par le  parti de Yahya Jammeh a été reporté au mois de mai prochain. L’information a été donnée ce jour par la juridiction en question.

Le motif  évoqué, l’indisponibilité du Président de la cour suprême, le juge nigérian, Emmanuel Fagbenle. « Nous ne pourrons statuer que lorsque la Cour sera au complet », a déclaré le président de la haute juridiction gambienne.
La Cour suprême de la Gambie est composée de cinq juges étrangers, désignés par le Président sortant Yahya Jammeh, afin de statuer  sur le recours déposé par son parti. Mais, aucun des juges n’étaient présents, d’où le report de l’examen.

L’homme fort de Banjul avait reconnu sa défaite au scrutin du 2 décembre, avant de se rétracter une semaine après.
Il refuse désormais de céder le fauteuil  au Président élu, Adama Barrow, sans le  verdict de la Cour suprême chargé d’examiner le recours de contestation.

« Tant que la Cour n’aura pas rendu sa décision sur cette affaire, il n’y aura pas d’investiture le 19 janvier. Et nous verrons ce que la Cedeao et les grandes puissances derrière elle, pourront faire », a menacé Yahya Jammeh.
Pr Pierre Dogbo, avocat-politologue ivoirien salue la démarche entreprise par le parti de Jammeh pour protester contre la victoire d’Adama Barrow.

«  Je pense que la voie de la Cour suprême était une voie normale et à encourager, car en Afrique, il nous faut  définitivement abandonner le recours à la force dans le règlement des conflits post-électoraux. Donc, c’est déjà un grand pas que le parti de Yahya Jammeh ait choisi la voie de la Cour suprême et que le candidat déclaré vainqueur attende  la décision de la Cour suprême », soutient le politologue, joint par Politikafrique.info.
Selon lui, les gambiens doivent faire confiance à la Cour suprême, qui est la plus grande institution du pays et respecter la décision.

« Tout le monde doit attendre la décision de la Cour suprême. Cette décision s’impose à tous les gambiens y compris la CEDEAO. Si Yahya Jammeh ne respecte pas le verdict, il va répondre devant les juridictions de son pays. Quel que soit le verdict de la Cour suprême, il faudrait que les gambiens s’y soumettent. Qu’on évite toujours le chaos, la Gambie est un petit pays, le chaos ne sera pas à son avantage », analyse le Directeur de l’école de Sciences politiques de l’Université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan.

Quant à Palé Dimaté, spécialiste des questions internationales, il estime en revanche que le verdict de la Cour suprême ne pourra pas faire sortir la Gambie de l’impasse politique.

« Je pense que   pour qu’il y ait la paix, il faudrait que la Cour suprême aille dans le sens des résultats qui ont été déjà donnés. Mais,  avec cette prise de position du chef d’état-major qui soutient Jammeh, si nous ne faisons pas attention cela peut conduire à l’effondrement de l’Etat en Gambie », estime l’ex-député de Bouna.
Et d’ajouter que « La Cour suprême ne peut sauver la Gambie, car elle ne pourra que reconnaître les résultats. Si, la Cour donne un résultat contraire à ce qui a été donné, il y aura un soulèvement du camp Barrow, vis-versa. Peu importe donc  la décision de la Cour suprême, il y aura toujours des troubles »,assure-t-il.

A l’en croire, c’est seules la CEDEAO, UA et l’ONU  qui peuvent sauver la Gambie. Ainsi, Palé Dimaté invite la CEDEAO à privilégier  la diplomatie pour trouver une issue à la crise en Gambie.
La Cedeao avait menacé que si les négociations échouaient, une intervention militaire était envisageable pour faire partir Yahya Jammeh du pouvoir, dont le mandat expire le 18 janvier. L’organisation sous-régionale qui soutient la victoire d’Adama Barrow, compte assister à son investiture prévue le 19 janvier prochain.

Cependant, Le Président de la Commission de la CEDEAO, Marcel Alain De Souza a révélé que les portes du dialogue étaient toujours ouvertes pour un départ pacifique de Jammeh.

Les négociations se poursuivent donc. Ce mercredi 17 janvier, une médiation de la Cedeao, composée des chefs d’Etats du Nigéria, Muhammadu Buhari, de la Sierra Leone, Ernest Bai Koroma ainsi que l’ancien Président ghanéen, John Dramani Mahamat devrait se rendre à Banjul. Mais, ce voyage a été reporté au vendredi 13 janvier prochain.

Le 13 décembre dernier, une première médiation présidée par la Présidente libérienne, Ellen Johnson  Sirleaf a eu lieu à Banjul. Mais, elle a accouché d’une souris.

Tout comme Palé Dimaté, le Pr Pierre Dogbo encourage également la Cedeao à trouver une solution à la crise  gambienne.

« Je trouve l’intervention militaire de la  Cedeao contre-productive. La force n’est pas la solution au règlement de la crise gambienne, l’Afrique n’a plus besoin de faire mourir ses enfants pour une question d’élection », justifie-t-il.
Espérons que ces nouvelles négociations mettent fin au bras de fer entre la CEDEAO et Yahya Jammeh, avant la date fatidique du 19 janvier.

Gnoungo Fanta
Source : Rédaction politikafrique.info

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