Entrepreneuriat, ce que la mutinerie a fait perdre à des particuliers

Ce mercredi 17 mai  la vie a repris son cours normal à Abidjan et dans toutes les localités de la Côte d’Ivoire après 4 jours de perturbation suite aux manifestations de militaires insurgés qui réclamaient un reliquat de prime dû.  Cette période a été un cauchemar pour les activités commerciales à en croire les acteurs du milieu économique.

Réservations annulées, commandes annulées, cérémonies annulées ou reportées… Les prestataires de service n’oublient pas les quatre jours de mutinerie en Côte d’Ivoire.

«  Je gère une situation d’urgence, il se pourrait que le travail pour lequel je suis venu soit annulé et que je sois obligé de partir plus tôt que prévu », confie Marcelin Zongo à Politikafrique.info. Présent à Abidjan depuis le 13 mai en tant que formateur pour un séminaire de 10 jours et dont les participants viennent de plusieurs pays  africains, il a vu les travaux arrêtés dès les premiers crépitements d’armes sur ordre  de sa hiérarchie.

Il était question par mesure de sécurité de rapatrier chacun des participants « dans son pays  à cause de la mutinerie ». Plusieurs sont partis ce 15 Mai. Marcelin Zongo explique que c’est non seulement un manque à gagner pour son cabinet de consultance, mais également ses partenaires ivoiriens qui étaient formateurs associés à ce forum.

Aly Touré lui vient de Niamey. Il est à Abidjan pour un séjour d’une semaine afin de lancer la représentation en terre ivoirienne de son institution financière dont le siège se trouve au Niger. La grande partie de son travail a été annulée y compris la cérémonie de lancement prévue ce mardi 16 mai. «  Mes partenaires m’ont conseillé d’annuler la cérémonie de lancement pour une question de sécurité », confie-t-il à la rédaction. Même s’il a finalement décidé de terminer son séjour à Abidjan, l’essentiel de son travail a été annulé. Des dépenses engagées  « pour rien » par sa structure basée au Niger. Il espère malgré tout pouvoir faire quelques consultations avec d’autres entreprises financières avant son départ afin de rentabiliser son voyage.

Dame Kalan restauratrice a payé les frais de cette mutinerie débutée dans la nuit du  le jeudi 11 mai. « J’avais une réservation le vendredi pour un cocktail de 50 personnes. Mais elle a été annulée à 3 Heures de temps fixé.  Tout était déjà  fin prêt. C’est vraiment un manque à gagner considérable », raconte-t-elle toute désolée.

Et de poursuivre que cette commande venait d’une téléphonie mobile, mais vu le nombre d’expatrié qui devraient y participer, ils ont préféré selon la restauratrice suivre les instructions de leur différentes ambassades qui leur conseillaient de limiter leur déplacement dans la ville. Son restaurant avait subi une grosse perte car la réception était  facturée 5000 FCFA par personne.

Pour Maxime Sako consultant en Economie, il s’agit d’une « répercussion économique » d’une situation. L’économiste estime les conséquences à court thème : « perte de recette et de capitaux ».  Il explique que ces mouvements sociaux participent de l’affaissement du tissu des PME.  Mais il précise qu’il ne faut pas oublier que c’est tout le circuit qui a été impacté et que certains emplois sont lourdement menacés. Cependant, il reste optimiste. « Mais la forte résistance et ductilité de l’économie ivoirienne va certainement absorber ce choc. Cette situation qui peut être assimilée à un crash test sera vite résorbée par l’économie ivoirienne », précise l’économiste.

Raïssa Yao

Source :Politikafrique.info

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