Exclusif / Bouaké-La reconstruction du grand marché tarde, plus de 1 milliard FCFA de perte

19 ans après la destruction du grand marché de Bouaké par un incendie, sa reconstruction annoncée depuis lors, n’est toujours pas effective. C’est une grosse perte qu’enregistre la mairie vue que le marché faisait entrer au moins  60.000 000 millions fcfa par an dans les caisses de la municipalité. Depuis 1998 à ce jour, c’est au moins 1.140.000.000 FCFA que la mairie de Bouaké a perdu.

Les commerçants et opérateurs économiques de la ville de Bouaké attendent impatiemment la reconstruction du grand marché. « La reconstruction du marché est le souhait le plus ardent aujourd’hui des commerçants de Bouaké, car nous n’avons plus un grand espace pour exercer», indique Soumaïla Doumbia, président de la fédération nationale des acteurs de commerce en Côte d’Ivoire  (Fenac-ci) section Bouaké, joint par Politikafrique.info.

A l’en croire avant l’incendie en 1998, le marché rapportait à  la mairie au niveau des taxations une grande quantité de fonds. « A l’époque, ça tournait autour de 3 à 5 millions/mois. C’est une perte énorme non seulement pour la mairie, pour l’Etat ivoirien et pour les commerçants », déplore Soumaïla Doumbia.

De façon arithmétique, les pertes enregistrées par la mairie depuis que le marché a été dévasté sont de 1.140.000.000 milliards de fcfa sur ces 19 ans. un véritable manque à gagner pour la commune.

Vue que ce marché représentait un poids lourd pour l’économie de la deuxième ville du pays, pourquoi la reconstruction tarde-t-elle ?

Selon le président Fenac-ci section Bouaké,  la construction du marché n’a pas été faite jusque là parce que il y a eu un problème de financement, car « le fait qu’il y eu beaucoup de crise à Bouaké, cela a fait peur au bailleur de fonds ».

Toutefois, il révèle qu’avec l’arrivée de l’actuel maire Nicola Djibo, ils ont eu les premiers échanges avec l’entreprise Urbaplan, maître d’ouvrage  chargée de discuter avec les commerçants pour voir la faisabilité d’un certain nombre de choses. Non sans préciser que « La reconstruction tarde parce que c’est un processus qui prend en compte  beaucoup de choses, l’étude environnementale et l’implication des acteurs eux-mêmes », explique Soumaïla Doumbia.

Benoit Chaligné est l’assistant technique  de l’entreprise Urbaplan chargé d’appuyer la mairie dans la maîtrise d’ouvrage  du projet de reconstruction du grand marché et de travailler sur tous les aspects sociaux en lien avec les bénéficiaires directs du marché à savoir les commerçants et la population.
Il donne dans un rapport dont politikafrique.info a reçu copie,les raisons du retard de  la reconstruction du marché.

« C’est un long projet, un projet complexe, construit un marché central dans le centre ville de la deuxième ville de Côte d’Ivoire. On ne peut pas implanter un marché central comme si on implantait le marché de N’Dakro ou de Tollakouadiokro, il y a pleins d’enjeux qu’il faut prendre en considération. On travaille pour les bénéficiaires finaux que sont la population et les commerçants », a-t-il affirmé dans le document.

Poursuivant, Benoit Chaligné a fait savoir que c’est « courant  2018 que l’entreprise de travaux sera recrutée, que la première pierre pourra être installée  par les autorités municipales et que les bulldozers vont pouvoir entrer en action pour que les travaux puissent commencer», a–t-il assuré. Avant de préciser que le projet va durer trois ans.

Et d’ajouter que « le financement du projet a été acté, c’est un bailleur de fonds international.  Il y a tout un tas de procédures, il y a les phases de marché public qui prennent du temps, c’est assez chronophage donc effectivement les populations, on le ressent bien quand on arrive à Bouaké, le sujet principal de discussions, c’est le marché central. On est conscient de cette attente. On commence à venir, c’est un bon signe mais il y a encore des choses qui vont prendre du temps donc j’espère que les populations feront preuve de patience », a interpellé l’assistant technique.

Le rapport indique par ailleurs que  le  projet a été acté dans son financement par le projet de désendettement  et de  développement entre la Côte d’Ivoire et la France qui est mis en œuvre par l’Agence Française de Développement. Ainsi, il est porté par la municipalité de Bouaké.

Réagissant à la sollicitation de Politikafrique.info, ce mardi 20 juin, dans l’après-midi, le maire de la commune de Bouaké, Nicolas Djibo recommande la « patience » à la population. « Que les populations soient patientes, elles ont tellement attendu que maintenant que la chose est concrète, il n’y a plus à attendre très longtemps. Je sais que la population veut voir des briques se poser, des machines ici et là, tout ceci va venir » rassure-t-il.

Gnoungo Fanta

Source : Rédaction Politikafrique.info

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