Faux médicaments- La menace dans les rues d’Abidjan

Terminer avec les faux médicaments est l’objet des réflexions menées ce mercredi 19 octobre à l’institut français à Abidjan.

La lutte mondiale contre les faux médicaments est engagée à partir d’Abidjan où se mènent jusqu’à ce jeudi, des réflexions à l’Institut français d’Abidjan.

Un médicament contrefait est un médicament qui trompe délibérément et frauduleusement sur son identité et sa source.

Dans la capitale économique ivoirienne, et à l’intérieur du pays, les faux médicaments ont le vent en poupe, aux abords des routes, dans les marchés et les actions de traque ne semblent pas dissuader les réseaux d’approvisionnement bien organisés.

Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique ivoirien fait savoir dans un spot publicitaire que « Les médicaments de la rue, c’est la mort dans les rues ».
Des experts venus de France, du Maroc, de la Côte d’Ivoire sensibilisent la population et les structures de distribution des médicaments ainsi que les pharmaciens.

Pr Mahama Ouattara, agrégé de Chimie thérapeutique à l’UFR des sciences pharmaceutiques, sous-directeur  de l’inspection à la direction de la Pharmacie du Médicament et des Laboratoires en Côte d’Ivoire (DPML).
« Environ 4% à 5% des médicaments de la Côte d’Ivoire sont de production locale. Il faut donc un engagement politique net pour renforcer les structures de lutte contre les faux médicaments.  Depuis plus de 20 ans, nous luttons contre le fléau des faux médicaments, par le ramassage et la destruction des médicaments contrefaits. 1 dollar   normal équivaut à 400 dollars en médicaments. Les prix sont accessibles  à tous mais, on nous dit que les médicaments sont chers. Pourtant, on a plus de morts par les faux médicaments que pour le terrorisme ».

Wilfried Roge de l’Institut international de recherche anti-contrefaçon de médicaments (Iracim), « les médicaments doivent-être conservés  entre 25° et 28° » et d’autres part entre « 2° et 8° pour les sérums et vaccins ».

« Le trafic de médicaments contrefaits est 40%  plus lucratif que le trafic de la drogue avec des sanctions légales moindres » révèle l’expert. Il fait 75 milliards de dollars par an.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 15% des médicaments en circulation dans le monde seraient des faux.  L’Afrique évalue à 30% voire 70% le taux de faux médicaments dans son marché.

Dr Charles Boguifo, président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens et Dr. Assane Coulibaly assurent que « La politique du générique a permis de réduire le prix du médicament ».   « Les médicaments n’étaient pas accessibles dans les pays du tiers monde jusqu’en 2005. De l’année  2005 à 2015 les médicaments génériques sur le marché ont la même composition qualitative et quantitative de principes actifs  est disponible à des prix abordables» soutiennent-ils. L’option de la traçabilité est privilégiée pour retrouver le circuit des faux médicaments. Dans ce sens

Dr. Ouzza Bouazza, directeur de la pharmacie et du médicament du Maroc, soutient que « Selon la convention médicrim, tout médicament qui sort du circuit officiel est considéré comme un faux médicament » !

Ce jeudi 20 octobre 2016, une conférence sur les faux médicaments se tiendra au ministère des Affaires Etrangères. Ce sera l’occasion de consolider l’appel en 2009 de Cotonou contre ce fléau.
Aussi, des sanctions pénales seront bientôt appliquées à l’encontre d’acteurs du trafic de faux médicaments.

Moïse ACHIRO.
Source politikafrique.info

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