France- Des analystes dressent un bilan contrasté du mandat de Hollande

Fin de quinquennat pour François Hollande. Dimanche, Emmanuel Macron, le nouveau président, devrait s’installer à l’Élysée dimanche prochain. Occasion de dresser le bilan de l’action du Président sortant.

Cinq ans après, l’auteur de l’anaphore « Moi président! » a-t-il tenu toutes ses promesses ? Certainement non pour Michel Guidarini. Pour ce sexagénaire français, la réforme sur le chômage a été « un échec ». « Pas de boulot et la vie est chère. Celui qui est au chômage ou n’a pas de travail touche par mois 475€ alors que le smig est de 1300€. Les charges, elles, sont énormes » se lamente-t-il.

Les réformes entreprises par le président sortant n’ont pas toujours payées. Son bilan est jugé négatif par certains analystes. « Il a accordé trop de priorité au patronat. Il est passé d’une politique socialiste à une politique sociale-libérale. Ce qui a même entraîné une fracture au sein du gouvernement entre les socialistes purs et durs et les socialistes libéraux. Il n’a pas pu régler le problème du chômage ni le problème de la dette publique française (objectif d’un déficit public ramené à 3 % du PIB). L’économie est stagnante. Il y a eu beaucoup de délocalisation d’entreprises françaises à l’étranger. Sur le point de vue économique et social son bilan a été un échec » affirme le Prof Pierre Dogbo, politologue.

Un président qui est tout de même réaliste selon certains analystes. «Avec une côte de popularité en baisse, (61% en 2012 à 27% en 2017 selon un sondage de Isfop) François Hollande a su reconnaître ses erreurs. Il ne s’est pas entêté à se présenter et cela est positif au plan moral» estime Palé Dimaté. Toutefois, pour le spécialiste des questions internationales, le quinquennat de Hollande reste mitigé. « Il y a eu beaucoup de faiblesses sur le plan sécuritaire. Avec les attentats qu’a connu la France, on a pu constater une défaillance au niveau du système sécuritaire mis en place » souligne Palé Dimaté.

La politique interne n’a visiblement pas été une tâche facile pour François Hollande. « Il a voulu se présenter comme un réformateur face à une France en crise depuis plusieurs années. Malheureusement les reformes n’ont pas eu les résultats escomptés qui étaient de réduire de manière significative le taux de chômage, cela a été une reprise assez timide» constate Dr François Adou, géo-politologue.

Les sujets de société ont été au coeur du quinquennat. Pour nos confrères du journal ‘’Le Monde’’ malgré de nombreuses manifestations défendant le modèle familial traditionnel, la loi sur le mariage pour tous a été adoptée dans une société divisée. Bis-repetita avec des critiques et une forte opposition au sein du gouvernement sur la déchéance de la nationalité dans la Constitution et son extension aux binationaux. Projet abandonné finalement. A ce sujet d’ailleurs, lors d’une allocution, François Hollande a admis n’avoir « qu’un seul regret : avoir proposé la déchéance de nationalité. »

La communauté éducative n’a pas non plus échappée à la vague de reformes. Un fiasco, malgré ces embauches massives de professeurs, avec une grande incompréhension entre le pouvoir et le monde enseignant, alors que ce secteur devait être un point fort du quinquennat.

Toutefois, on note aussi des avancées dans ce bilan « mi-chèvre, mi-chou » selon Le Monde. En enfilant son costume de chef des armées, la politique internationale de François, elle, aura payé. « L’ami des africains » (surnom que lui donne le titre de l’œuvre du journaliste français Christophe Boisbouvier, RFI) aura réussi à marquer des points aux yeux des analystes. Opération « Serval », au Mali face à l’avance d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), opération « Sangaris » en République centrafricaine après l’appel du président François Bozizé, qui faisait face à la menace de la rébellion Séléka, les interventions militaires auront pesé dans la diplomatie en Afrique. « C’est une intervention judicieuse, un acte salvateur contrairement à son prédécesseur Sarkozy qui s’empressait et ne s’embarrassait pas à s’attaquer à des pays indépendants comme la Libye » affirme Dr François Adou, géopolitologue.
Pierre Dogbo, lui, rappelle la politique de la France en Syrie, en Afghanistan, un « échec » dit-il, de même pour les relations avec la Russie. « La France est rentrée dans une sorte d’affrontement avec le pays de Poutine qui n’a rien donné et qui a été contre-productif » estime le Directeur de l’Ecole des Sciences Politiques de l’Université Félix Houphouët-Boigny.

Le quinquennat de François Hollande, c’est aussi la Cop 21. Un succès diplomatique avec l’accord de Paris, du 12 décembre 2015, premier texte sur le climat universel et juridiquement contraignant, approuvé par 195 délégations et entré en vigueur en moins d’un an. Il aura fait sa part mais la tenue présidentielle a bien des trous cachés.

Salimatou DIA
Source: Rédaction Politikafrique.info

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