Fronde sociale, sociétés d’agrobusiness- Le gouvernement, place à la fermeté

 

Le gouvernement ivoirien est entré dans une phase de fermeté face aux remous sociaux et au phénomène du financement par des structures du secteur de l’agrobusiness.

Face à la presse ce mercredi 25 janvier, le ministre Bruno Koné, porte-parole du gouvernement ivoirien qui sortait du conseil des ministres hebdomadaire, a dénoncé les absences constatées des fonctionnaires à leur poste de travail. Selon lui, dans la poursuite des discussions entre le gouvernement et les responsables syndicaux, des appels à la reprise du travail ont été lancés par ces derniers. A l’en croire donc, rien ne justifie les absences encore constatées au travail. « …le gouvernement considère que les absences au poste de travail particulièrement dans le secteur de l’Education sont désormais illégales », tient-il à faire savoir tout en invitant à la reprise des activités.

Bruno Koné est par ailleurs revenu sur l’histoire des revendications des fonctionnaires. Il a fait savoir que la grève actuelle est relative à des engagements pris en 2009 par l’ancien régime, qui n’ont pas été honorés jusqu’en 2014. Date à partir de laquelle selon lui, l’administration Ouattara « accepte de prendre en charge les arriérés depuis sa présence à la tête de l’Etat ». Il indique aussi, document en main, que depuis 2014, un accord a été trouvé entre le gouvernement et les syndicats. Lequel document indique « clairement que ces organisations acceptaient d’abandonner les arriérés liés au paiement partiel jusqu’en 2013 des mesures actées ». « Au moment où se signait ce document le 5 mai 2014, les syndicats étaient d’accord pour ne plus reparler du stock d’arriérés qui précédait 2012. Nous sommes tous surpris aujourd’hui de voir resurgir les questions qui ont déjà été réglées », mentionne-t-il.

Le porte-parole a rappelé dans la foulée des actions du gouvernement pour le bien-être de la population. A savoir le déblocage des salaires qui a engagé à ce jour « plus de 600 milliards FCFA » au profit des fonctionnaires. Non sans évoquer la satisfaction de quatre points sur six des revendications des motifs de la grève. Le porte-parole du gouvernement a en outre dénoncé les messages alarmants diffusés en cette période  de tension sociale, et a mis en garde les auteurs, passibles de sanctions.

Les sociétés d’agrobusiness ont également été au cœur de l’intervention du porte-parole du gouvernement. Il a indiqué que des poursuites judicaires étaient engagées contre les responsables de ces sociétés.  Des instructions ont été données à l’autorité judiciaire pour veiller au remboursement des souscripteurs. Bruno Koné a aussi fait savoir qu’une enquête était en cours pour évaluer les risques liés à cette activité économique. Selon lui, et citant les résultats des investigations, ce sont 28 sociétés qui opèrent dans ce domaine, 36 699 souscripteurs qui ont investi plus 66 milliards FCFA. Pourtant, ajoute Bruno Koné, le solde actuel des sociétés est de 22.7 milliards FCFA pour une promesse 300 à 1000 %  soit 660 milliards FCFA faite aux souscripteurs.

A en croire le porte-parole du gouvernement, « les montants reversés jusque-là à certains souscripteurs ne proviennent pas du fruit du travail, mais de l’argent venant de nouveaux souscripteurs » a révélé le porte-parole du gouvernement. « C’est une cavalerie », commente-il avant d’indiquer que le gouvernement va rendre bientôt public les résultats de ces enquêtes. « Il est bon que nos populations sachent que tout ce qui est trop beau, n’est pas réaliste », dénonce Bruno Koné.

Richard Yasseu
Source : La rédaction Politikafrique.info

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