IIIème République- Attentes des femmes et des jeunes après le « oui ».

Les jeunes ivoiriens et les femmes expriment leurs attentes par rapport à la nouvelle Constitution.

Les femmes et les jeunes sont considérés comme une frange vulnérable de la population. La nouvelle Constitution est présentée comme étant plus protectrice face à leurs difficultés. Depuis le 30 octobre le « oui » pour la nouvelle Constitution l’a emporté à 93,42% lors du référendum. Quelles sont  donc les attentes de cette population dite vulnérable, dans cette 3è République?

« Toutes les femmes devraient s’en réjouir parce que c’est la première fois que nous avons ce que nous voulons : les droits politiques, sociaux et électroniques. N’est-ce pas la parité ? » se réjouissait Euphrasie Yao, ministre de la Promotion,  de la Femme, de la Famille et de l’Enfant. Lors de la présentation de ce projet de loi par le Président Alassane Ouattara le 5 octobre dernier à l’Assemblée Nationale. Les points relatifs à la femme sont développés aux articles 35, 36, 37 de la nouvelle Constitution.

Après son adoption populaire le dimanche 30 octobre dernier, Dao Gabala, présidente de la Coalition des femmes leaders de Côte d’Ivoire, estime que  « voter la Constitution à elle seule ne suffit pas parce que  le changement de mentalité  c’est quelque chose qui prend du temps », estimant que « c’est maintenant qu’il faut  informer ,  partager  et sensibiliser pour que les uns et les autres comprennent que  la femme a sa place dans la Constitution mais également  dans l’environnement politique, économique  de la Cote d’Ivoire ». Et de préciser que « J’attends que la Constitution soit appliquée. »

Pour Dr Marie-Paule Kodjo  porte-parole  de la Plateforme des organisations de la société civile pour l’observation des élections en Côte d’Ivoire  (Poeci), il faudrait d’abord que le Président abroge cette loi fondamentale. Ensuite «  il faut prendre des lois organiques pour que les articles de cette Constitution qui parlent de la femme soient mis en œuvre » recommande-t-elle.
Elle voudrait par exemple qu’au niveau de la parité, l’imposition par l’Etat aux partis politiques des candidatures féminines auxquel cas ils n’auront que le tiers du budget qui leur sont alloués. Mais, également qu’au niveau de l’administration publique que l’Etat impose des femmes aux postes de responsabilités.
Quant à la jeunesse les articles 9 et 10 parlent de leur cas.

Assi Fulgence secrétaire général de la fédération estudiantine de Côte d’Ivoire (fesci) joint par politikafrique.info a refusé de se prononcer sur ses attentes face à cette nouvelle Constitution à laquelle il  ne se sentait pas concerné selon lui. « Nous avons demandé le retrait de cette Constitution parce que telle que rédigée, elle ne nous concernait pas » a tranché le leader syndical estudiantin dans un débat politique.

Suy kahofi membre du groupe GT Jeunes, groupe de travail des jeunes pour la gouvernance et les droits de l’homme, estime que « Ce ne sont ni les lois ni les dispositions prises par le passé qui manquent ». Il attend que la Côte d’Ivoire se donne les moyens d’appliquer toutes ces lois car l’on ne peut parler d’émergence sans parler de la jeunesse.
Il a fait cas de tous ces jeunes qui sont désillusionnés à travers le pays mais également de ceux qui se font arrêter aux frontières de la Libye dans l’intention d’aller trouver leur bonheur sous d’autres cieux. De ce fait il souhaite que l’Etat favorise effectivement l’accès au financement pour permettre à ceux qui n’ont pas de possibilité dans la Fonction publique de devenir créateur d’emploi.

Aly Coulibaly , enseignant au secondaire, soutient que les articles  consacrés à la jeunesse existaient déjà dans la Constitution de 1962 et 2000 et les points relatifs à la santé et à la scolarisation pour tous « relève d’une logique naturelle » . Pour l’emploi, il souhaiterait « l’égalité de chance pour tous, moins de népotisme, et d’octroi de places à des concours à des hauts fonctionnaires. » « Il faudrait que ce soient aussi des emplois honorables et non une addition de stages de greffeurs d’hévéa ou de curage de caniveaux, pour le brandir comme acte salvateur » précise-t-il

Raïssa Yao
Source: rédaction politikafrique.info

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