Interview -Lassina Diarra, chercheur-spécialiste du terrorisme en Afrique de l’Ouest : « L’assistance des victimes et leurs parents doit dépasser le cadre psychologique »

Lassina Diarra, chercheur-spécialiste du terrorisme en Afrique de l’Ouest est auteur des ouvrages  « La CEDEAO face au terrorisme transnational, mécanismes et stratégies de lutte »  et « Terrorisme international : la réponse de la Côte d’Ivoire », parus tous deux  aux éditions L’Harmattan, en France. Interrogé par politikafrique.info, il explique la valeur de l’assistance aux victimes.

Quelle est la valeur de l’assistance psychologique aux témoins et victimes d’un attentat ?

Après une attaque terroriste, l’Etat doit systématiquement apporter une assistance psychologique aux témoins et aux victimes. L’assistance des victimes et leurs parents doit dépasser le cadre psychologique, il faut leur apporter un soutien financier, une intégration sociale. L’objectif est de tuer en eux le sentiment vindicatif et d’abandon. Le sentiment d’exclusion au sein de l’Etat crée et développe chez l’individu l’idée de délégitimation du pouvoir politique et la tentation de l’extrémisme violent dans lesquelles il voit un moyen d’atteindre son but, soit par une violence sacralisée, soit par une violence politique ou sociale.

Comment devrait se dérouler la commémoration d’un attentat terroriste?

La commémoration de la date du décès d’une personne, quelle que soit la manière, est un acte traditionnel. Il dénote notre volonté de pleurer et de rendre hommage une énième fois à l’illustre disparu.  De ce  point de vue, c’est un fait normal. Cependant, dans le cadre du terrorisme international, la célébration doit être faite dans le cercle familial ou dans un cadre totalement réduit. La commémoration en grande pompe et très médiatisée est sensiblement contre-productive. Car, en le faisant, l’on accorde une publicité gratuite aux terroristes, qui visiblement en ont besoin. Ils veulent, par la terreur, frapper les esprits des citoyens afin de faire passer leur message selon lequel, aucune entité privée ou publique  ne pourra les protéger, et surtout pas leur gouvernement qu’ils ont porté au pouvoir.

Interview réalisée par Nesmon De Laure
Source : Rédaction politikafrique.info

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