Interview- Philippe Ezaley, maire de Grand-Bassam, «On se souvient certes mais la vie reprend»

Dans le cadre de la commémoration de l’an 1 de l’attentat du 13 Mars, Politikafrique.info a rencontré Georges Philippe Ezaley, Maire de la ville historique de Grand-Bassam. Interview

Comment la ville de Grand-Bassam  a-t-elle vécu l’attentat du 13 Mars 2016 ?

Avec beaucoup de désarroi. C’était un dimanche où la ville grouillait de monde. Tout d’un coup on est passé de la joie de vivre à la mort. Ce n’était pas évident avec beaucoup de décès. Mais, avec la réaction des forces de sécurité les choses se sont accélérées, il y a eu une prise en charge des blessés. Rapidement nous avons repris le dessus par rapport à cette situation. Par la suite il y a eu un conseil extraordinaire du gouvernement à Bassam, un hommage a été rendu aux victimes. Nous avons fait une tournée dans la vile pour nous assurer que tout le monde allait bien. La population était affectée.

Les habitants de Grand-Bassam ont-ils surmonté cette crise ?

Assez rapidement on va dire. Pour la petite histoire, le jour de l’attentat, les jeunes de Grand-Bassam ont voulu en découdre avec les terroristes. Il a fallu que je parlemente avec eux. Donc il faut comprendre qu’assez rapidement les activités ont repris, au niveau du commerce, du transport. Néanmoins la clientèle ne doit pas être seulement les bassamois mais aussi les abidjanais, les touristes etc. C’est peut-être sur ce côté que les choses ont pris du temps. Il a fallu donc faire la promotion de la ville, surtout du lobbying auprès des autorités pour que les séminaires, les réunions prévus dans les autres villes soient délocalisés à Bassam. Progressivement les choses reviennent.

Quel est l’état d’esprit actuel des bassamois ?

A mon sens, c’est vrai que cela a été dur au début mais depuis les gens ont repris leur vie. Les slogans  tels que «  Bassam débout», «  même pas peur » traduisent l’état d’esprit.

La ville a-t-elle peur du risque d’attentat ?

Non. A chaque fois qu’il y a des cérémonies la population répond de manière massive. La preuve avec la cérémonie commémorative de l’an 1 de l’attentat il y a eu du monde. La peur ? Non.

Comment la mairie, en dehors de l’appui du gouvernement, a-t-elle soutenu les victimes ?

Nous avons fait des tournées pour savoir s’il y avait des blessés dans les quartiers, dans les villages. Nous avons apporté notre compassion notre soutien.

Que compte faire la mairie face à la demande, d’exonération sur les impôts, les factures d’électricité et d’eau après des mois de disette, faite par les groupes hôteliers ?

Cela ne dépend pas de la mairie. On peut les accompagner dans leur démarche, dans leurs plaidoiries. Ce que le gouvernement pouvait faire c’est prendre en charge certaines de leurs dépenses. Mais cela est une décision du gouvernement. S’il faut exonérer, c’est aussi une décision du gouvernement. Nous à notre niveau, nous avons sollicité le gouvernement en vue d’appuyer le secteur face à cette situation. Ce sont 200 millions FCFA qui ont été donnés aux hôteliers. C’est indirectement une prise en charge de certaines de leurs charges.

Interview réalisée par Salimatou DIA

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