LIBRE EXPRESSION / La communauté ou le Maroc ?

Estimée à 300 millions d’habitants aujourd’hui, la population de la sous-région Ouest Africaine composée depuis 1975 de 15 pays : le Libéria, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, la Gambie, le Sénégal, le Cap vert, la Guinée Bissau, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigéria, la Sierra Leone, le Bénin, et le Togo, va passer à l’horizon 2050 à 600 millions d’habitants. Je viens à l’instant de répondre à la question : qu’est-ce qui fait courir le Maroc vers la porte blindée de l’Ouest Africain ?

Pour le cours, rappelons l’histoire qui se rapporte à ce modèle de communauté qu’est la CEDEAO. Proposée en 1964 par Feu le président William Tubman du Libéria sous le libellé : Union Economique Ouest Africaine, un accord a été signé entre la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Guinée et la Sierra Leone en 1965. Puis sous la houlette du Nigéria de YakubuGowon et du Togolais GnassingbéEyademaen1974, le traité de Lagos a donné naissance à la CEDEAO en 1975.

Pour mener à bien sa mission, la communauté s’est dotée de 08 institutions : la Conférence des Chefs d’États et du gouvernement, le Conseil des ministres, le Parlement de la Communauté, le Conseil économique et social, la Cour de justice de la Communauté, la Commission, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO, l’Organisation Ouest-Africaine de la santé. Elle s’est donné pour objectif principal : de «promouvoir la coopération et l’intégration dans la perspective d’une Union économique de l’Afrique de l’Ouest en vue d’élever le niveau de vie de ses peuples, de maintenir et d’accroître la stabilité économique, de renforcer les relations entre les Etats Membres et de contribuer au progrès et au développement du continent africain ».

Pour moi une communauté si on s’en tient au contexte historique : c’est une aire géographique naturelle circonscrite dans l’espace. Elle n’est pas illimitée ou extensible à souhait. Elle est un ensemble de choses en commun telles que : l’histoire, la géographie, la race dominante, la linguistique, les ressources naturelles, la monnaie, la psychologie etc.

De ce point de vue, elle est comme une bouteille à laquelle depuis l’esquisse, les concepteurs attribuent une contenance précise.

Définie comme telle, avons-nous, nous braves ressortissants et ressortissantes de cette communauté, le droit d’accueillir de nouveaux membres fussent-ils prestigieux avec la tare qu’ils proviennent d’une autre aire géographique qui a ses réalités propres ? Feu le président Félix Houphouët Boigny, grand acteur de cette histoire et Ami de Feu le roi Hassan II, y ont déjà répondu. Mêmes préparés à accueillir des transfuges d’un autre périmètre géographique vers la nôtre, nous n’avons pas le droit de transgresser les codes qui font sa spécificité. Sans renâcler à la logique et aux exigences de la compétitivité, nous nous devons de protéger ce marché afin que les filles et les fils de notre espace communautaire, soient les principaux acteurs/bénéficiaires des fruits de la récolte, vu que tout a été fait pour cela.

Tout autre posture serait donc une imposture dommageable à l’esprit et à la lettre de notre communauté. De toutes les façons si la conférence des chefs d’Etat et du gouvernement de notre communauté venait à se faire harakiri en défonçant les portes Ouest africaines pour le candidat du Nord, il est clair qu’elle devra les maintenir ouvertes pour tout autre candidat. De sorte que la Chine et bien d’autres pays pourraient s’y engouffrés. Dans ses conditions on ne parlera plus de la CEDEAO, mais de la Diversité Economique des Etats en Afrique de l’Ouest (DEEAO). A cet égard, je reste persuadé que toutes les diversités ne sont pas sources d’enrichissement ; certaines, « contrenatures » comme celles-là, sont de cet ordre. Par conséquent je suis d’avis que l’on reste figé dans le cadre des excellentes relations bilatérales qui ont toujours caractérisées le Royaume du Maroc et la Côte d’Ivoire.

Aux relations Nord /Sud qui ont été décriées par la société civile et par certains acteurs politiques de notre espace, que nous lui substituons un mal autrement plus pernicieux avec des conséquences imprévisibles pour les générations présentes et futures. Au demeurant, je ne suis pas sûr que la candidature Marocaine qui vise à intégrer notre espace soit de nature à œuvrer en faveur du renforcement des relations entre les Etats membres et de contribuer au progrès et au développement du continent africain, tel que mentionné dans l’objectif principal de la communauté.

Et puis sur les huit institutions qui forment l’ossature de la CEDEAO, s’il n’y a pas de grosse réserves à faire sur les trois premières : la Conférence des Chefs d’États et du gouvernement, le Conseil des ministres et la commission, mais il y a beaucoup à dire sur les cinq dernières que sont : le Parlement de la Communauté, le Conseil économique et social, la Cour de justice de la Communauté, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO, l’Organisation Ouest-Africaine de la santé ! Peut-être devrait-on  se mobiliser comme une seule femme afin de donner une âme réelle et palpable à ses instruments qui sont de nature à contribuer à l’épanouissement effective  des populations de notre communauté !

KONE KOBALI

Libre auteur, créateur

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