Médiateur de la République porté disparu dans un pays en ébullition

Les remous sociaux qui rythment  le quotidien de la Côte d’Ivoire nécessitent-ils une intervention du Médiateur de la République ?

Des leaders de la classe politique ivoirienne estiment que N’golo Fatogoman Coulibaly n’a pas à intervenir.
«Je ne pense pas que ce soit une question de médiation. C’est une question de responsabilisation du gouvernement par rapport aux actions posées depuis 2011. Nous constatons que les gouvernants ont perdu la main, car tout ce qu’ils ont mis en œuvre comme politique économique a eu pour effet de créer une paupérisation généralisée. Quand on est pauvre ce n’est pas une question de FPI, de RDR ou de PDCI. Les ivoiriens en ont marre parce qu’ils considèrent que le gouvernement ne tient pas compte du tout de leur condition de vie et de travail », réagit Martial Ahipeaud le président de l’Union pour le développement (UDL, opposition) par ailleurs le tout premier Secrétaire général de la FESCI, joint par Politikafrique.info.
C’est aussi la position de l’UDPCI (coalition au pouvoir). Selon Tchagba Bougui Laurent son Secrétaire général, il existe de nombreuses structures de règlement de litige qu’il faut solliciter.

« La mission du Médiateur de la République n’est pas de résoudre les problèmes des universités. Son rôle est de régler les problèmes au niveau des structures administratives. On ne doit pas mélanger ses prérogatives avec celles des autres structures de recours à solliciter pour le règlement d’un certains nombres de problèmes sociaux. Le problème des universités et celui de la population qui estime être abusée, il faut le faire connaitre dans les règles aux structures de recours habilitées à s’en occuper. Ce sont par exemple la présidence de l’université, le ministère de l’Enseignement Supérieur. Pour la CIE, je crois qu’il existe une structure pour régler les litiges vers laquelle il faut se diriger. Il y a aussi le ministère de l’Energie et Pétrole qui a la responsabilité de protéger la population », soutient le numéro deux du parti créé par le Général Robert Guéi. Non sans déplorer les casses actuelles qui selon lui ne sont pas les solutions pour parvenir aux fins souhaitées.

Au niveau de l’Institution elle-même, l’on estime que les actions du Médiateur de la République n’ont pas de limites.
« Le Médiateur de la République a pour rôle de protéger les citoyens contre les abus de l’Etat. Il faut comprendre par là que si vous avez par exemple un problème avec une institution de l’Etat ou une administration publique, vous nous saisissez par écrit. Selon votre souci exprimé, nous intervenons pour régler généralement à l’amiable. Tout citoyen peut saisir notre institution. Le médiateur peut aussi s’autosaisir des problèmes pour les régler. Il peut le faire dans les cas de conflits comme celui qu’a connus la Côte d’Ivoire à partir de 2002. A l’époque, le premier médiateur Mathieu Ekra est intervenu. Mais il n’a pas été écouté et compris. Dans le cas des problèmes sur le campus universitaire et les soulèvements contre la CIE, le médiateur peut intervenir pour conseiller toutes les parties. L’initiative dans ce cas revient au médiateur qui est lui-même à Abidjan. S’il ne le fait pas encore, c’est surement parce qu’il y a des autorités compétentes qui doivent d’abord s’en occuper», fait savoir une source proche de l’institution.

Pour l’heure, N’golo Fatogoman Coulibaly est un peu loin de s’auto-saisir, lui dont l’institution est méconnue.
Richard YASSEU

Commentaires Facebook Politik Afrique

comments

EVALUEZ CET ARTICLE
User Rating
0/10

ARTICLES DE LA CATEGORIE

Quelque chose à dire :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*