Mutinerie à répétition – FACI, plus des réflexes de la rébellion que d’une armée républicaine

Déjà deux pour cette année 2017. La Côte d’Ivoire vient de vivre à nouveau du 12 au 16 mai des soulèvements de militaires insurgés pour reliquat de primes impayées.

En cinq mois, c’est la deuxième secousse qui a plongé le pays dans l’incertitude. Et mis à nu également des doutes sur le caractère républicain des forces de défense et de sécurité ivoiriennes. Une révision de l’armée s’impose-t-elle ?

Dr Adjoumani Kouamé est le président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (LIDHO). Pour lui, cela ne fait l’ombre d’aucun doute. Il faut renforcer les capacités des militaires pour leur montrer l’esprit civique, l’esprit républicain. « Notre armée est déséquilibrée. Elle n’est plus disciplinée », dit-il. Selon lui, si les « ex-FDS étaient recrutés sur une base définie », les ex-rebelles qui ont été intégrés dans l’armée après la crise de 2010 « sont des éléments qui ont été pris parce qu’ils ont pris des armes ». Ce qui signifie selon lui « qu’ils n’avaient aucune notion de base ». Et qu’il « était nécessaire de renforcer les capacités de ces gens pour leur montrer l’esprit civique, l’esprit républicain ». Le défenseur des droits de l’homme ajoute que « Pour ce qui est de ne pas respecter la hiérarchie, ces gens ont encore le réflexe des comportements pendant la rébellion qui consiste à se reconnaître en son chef. Or il faut extirper cela. D’où notre appel à la mise en œuvre de la loi de programmation militaire qui va permettre qu’on ait une armée vraiment républicaine ».

Du 12 au 16 mai 2017, la Côte d’Ivoire a été secouée par des bruits de bottes. Des militaires réclamant des arriérées de primes sont pour la deuxième fois après janvier dernier, sortis des casernes pour manifester bruyamment. Occupant des villes dont Abidjan malgré les appels à retourner en caserne plusieurs fois lancés par leur hiérarchie avec à sa tête le chef de l’Etat Alassane Ouattara.

Dr Geoffroy-Julien Kouao analyste politiste lui, estime que le problème se trouve dans le mode de gestion des affaires de l’Etat. « Je ne pense pas que l’armée de Côte d’Ivoire n’ait pas un esprit républicain. C’est seulement qu’il y a eu une mauvaise gestion non seulement de l’insertion des ex-combattants des Forces nouvelles dans l’armée, mais surtout de la tenue de la promesse faite aux militaires », dit-il. Pour lui, «Dorénavant, dans le cadre de la gestion des intérêts nationaux, il faut intégrer toute les forces politiques et les forces vives de la nation ». « En tout état de cause, poursuit Geoffroy- Julien Kouao, ces événements montrent qu’il y a lieu de revoir notre armée mais aussi de revoir notre mode de gouvernance et nos façons de régler les problèmes. Une seule personne ne peut pas régler un problème national, fut-il le Président de la République. Il faut revoir la redistribution des pouvoirs des compétences entre plusieurs mains. Autrement dit, voir dans quelles mesures le Premier Ministre aura effectivement des prérogatives politiques, voire comment l’Assemblée nationale peut vraiment exercer son contre-pouvoir ».

Au RDR le parti au pouvoir, l’on estime que c’est la mentalité des militaires qu’il faut réformer. « Il faut avant tout réformer la mentalité de nos militaires. Ils doivent comprendre qu’ils ont pour mission de défendre le territoire national et assurer la sécurité des populations. Ils ne sont pas militaires pour effrayer les populations. A mon avis, c’est l’unique mission pour avoir une armée républicaine », fait savoir à Politikafrique.info Joël N’Guessan le porte-parole.

Richard Yasseu

Source : rédaction Politikafrique.info

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