Négociations gouvernement-syndicats-troupes armées : les ivoiriens, « nous soutenons, mais que la question de la retraite soit réglée »

Face au front militaro-social en ébullition, le gouvernement décide de prendre le taureau par les cornes. Des pourparlers ont été engagés dès ce jeudi  19 Janvier avec les syndicats de la fonction publique. Les grands commandements militaires eux, doivent rencontrer les soldats, policiers, gendarmes et autres corps paramilitaires concernés par le mouvement d’humeur. La situation reste tout de même préoccupante et tendue pour la population ivoirienne qui dit attendre beaucoup de ces négociations.

Le dialogue, dit-on est l’arme des forts et pour ne pas tous sombrer et faire chuter le pays, le gouvernement a invité les groupes sociaux qui manifestent depuis le 5 janvier à appliquer la maxime, « asseyons-nous et discutons ».  Le plan d’urgence entrepris par le  gouvernement Gon Coulibaly prend forme. Les pourparlers entre gouvernement et fonctionnaires en grève ont été lancés ce jour au ministère de la Fonction publique. Au niveau des militaires, on se prépare et cette approche semble rassurer une bonne frange d’ivoiriens.

La trentaine révolue, Tiémélé Constant, fournisseur de l’État, salue la démarche du gouvernement d’entrer en négociation. « Les initiatives de rencontrer tous les plaignants actuels du pays sont bonnes. S’il fait ce qu’il promet, c’est bon. Pour ce qui est de la sécurité, je ne suis pas encore rassuré. Nous sommes présentement dans la commune de Plateau et avec les nombreux tirs qu’il y a eu dernièrement, je ne suis pas rassuré » confie-t-il à Politikafrique.info.

«Discuter avec les syndicats et les militaires est à saluer. C’est bon parce que cela permet au moins d’entendre ce que veulent ceux qui se plaignent. Mais qu’est-ce qui arrivera après les discussions. Parce que rien ne dit qu’ils prendront en compte nos préoccupations.  Moi-même qui suis en train de parler, je vais à la retraite dans quelques jours. Si nous y allons, comment allons-nous vivre sans profiter vraiment et totalement de la pension. On sera réduit à la mendicité. Il est vrai que nos enfants sont en grève, mais je suis pour que cela continue tant qu’on ne prend pas en compte nos plaintes. Par ailleurs, c’est frustrant de voir qu’on distribue des millions à des gens qui ont pris des armes. Est-ce parce qu’on n’a pas d’armes aussi qu’on minimise notre cas ? Le chef de l’État est le père de tout le monde. Il ne doit pas aimer un enfant et laisser d’autres. Si on règle pour l’un, il faut régler pour les autres » s’offusque cette femme bientôt à la retraite.

Holy, lui, se dit d’entrée de jeu déçu par la décision du chef de l’Etat : celle d’accéder aux revendications des soldats mutins. « Le fait de verser l’argent exigé par les armes aux mutins est la grosse erreur du Président Ouattara depuis son accession au pouvoir. Je ne sais pas si ce sont ses conseillers qui l’y ont poussé, mais je pense que ce n’était pas la bonne option. Elle a fini par ouvrir la boîte de Pandore. » «  J’espère qu’en bon africain, il aura la sagesse de trouver les mots et les actions qui conviennent pour calmer tout le monde » espère-t-il.

A ses côtés, son épouse, une institutrice, fait partie des fonctionnaires en grève relativement au régime des retraites. « La situation actuelle n’est pas intéressante nous en sommes conscients mais il faut comprendre que nos revendications sont légitimes. Nous attendons de la rencontre du gouvernement et de nos collègues que les choses s’arrangent car nous aussi, à l’instar des militaires, sommes dans le besoin. Il va falloir satisfaire tout le monde » fait-elle savoir.

La majorité des personnes rencontrées disent espérer une issue favorable  des pourparlers entre les autorités et les grévistes. L’application et le suivi des décisions qui en découleront sont également suivis de prêt. Dans les rues d’Abidjan, les ivoiriens vaquent à leurs occupations quotidiennes avec, toutefois, la peur au ventre et sur le qui-vive après deux semaines de tensions.

Salimanta DIA 
Source: rédaction Politikafrique.info

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