Nouvelle Constitution – Après la victoire du « Oui », exit les pages sombres  de la Côte d’Ivoire ?

Exit les moments douloureux. C’est la promesse contenue dans la nouvelle Constitution selon l’Exécutif surtout les crises nées de la succession post-Houphouët-Boigny et « l’ivoirité ». Mais, cet « espoir » n’est pas perçu ainsi par tous dans la classe politique nationale.

Au RDR le parti au pouvoir, le nouveau texte répond à tous les problèmes de la Côte d’Ivoire. « Tous les articles confligènes qui posaient problème et qui ont entrainé la longue crise que nous avons traversée, ont été nettoyés. Aujourd’hui, c’est une Constitution impersonnelle qui ne catalogue pas une catégorie d’ivoiriens. Tout le monde se retrouve dans ce nouveau texte à moins d’être de mauvaise foi », défend Bamba Brahima secrétaire départemental RDR de San Pedro joint par Politikafrique.info.

La Côte d’Ivoire a connu de nombreux remous sociaux et des bruits de bottes durant les 20 dernières années de son histoire. A l’exception de 2015, les différentes élections organisées dans le pays ont connu des fins tumultueuses  marquées par des soulèvements populaires. L’armée dite « la grande muette » est aussi sortie de son mutisme. Elle s’est fait fortement entendre à travers notamment un putsch le 24 décembre 1999, une rébellion armée de près de dix ans, et une crise armée postélectorale de décembre 2010 à avril 2011. La cohésion sociale et le vivre ensemble en ont souffert.

Selon les initiateurs de la nouvelle Constitution, le texte adopté à 93,42% le dimanche 30 octobre par le peuple ivoirien, doit marquer la rupture avec ce passé de troubles. Pour le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara, ce texte permettra de « tourner définitivement la page des crises successives » traversées.

«A partir de maintenant, la Côte d’Ivoire va connaître une période de stabilité sur le long terme. Cela va attirer des investisseurs, également des touristes qui viendront voir la Côte d’Ivoire nouvelle dans la IIIème République », insiste en soutien le secrétaire départemental RDR de San Pedro.

Dans la société civile, l’on évoque plutôt le contraire. Selon Véto Guiguy, vice-président de la Convention nationale de la société civile, la Côte d’Ivoire est dans une rupture de consensus matérialisée dans la procédure suivie pour l’élaboration du nouveau texte. Toute chose qui à l’en croire, est source de problème.

« En principe, cette Constitution ne devrait pas poser de problème puisqu’à Linas-Marcoussi, les acteurs politiques se sont entendus pour réformer la Constitution de 2000. Mais ce qu’il faut signaler et qui pose un souci, c’est la forme qui a été prise. Il a été dit à Marcoussis de faire une réforme constitutionnelle et non d’élaborer une nouvelle Constitution. A ce niveau, il y a une rupture de consensus entre les acteurs politiques signataires des accords de paix. Or cette rupture de consensus ne peut pas apporter la paix. Lorsque vous rompez le consensus, les divisions naissent. Ce ne sont pas les constitutions qui apportent la paix. Mais plutôt le consensus », soutient-il.

L’acteur de la société civile fait remarquer au plus, que la Côte d’Ivoire est prise dans une spirale de contestation de légitimité des dirigeants et de leurs réformes depuis 1995 à ce jour qui « va continuer ».

L’opposition politique évoque quant à elle l’inopportunité de cette nouvelle Constitution. « Pour tourner les pages sombres du pays, on n’avait pas besoin de faire une nouvelle Constitution. On pouvait simplement modifier celle qui existe en y enlevant tout ce qui confligène », proteste Diabaté Beh secrétaire national du FPI en charge d’Abobo et Anyama.

Selon lui, l’élaboration d’un nouveau texte répond à un autre souci. « S’il a été décidé de doter le pays d’une nouvelle Constitution, c’est parce que le président Alassane Ouattara veut s’immortaliser parce que ce sera sa signature qui sera au bas de la nouvelle Constitution comme étant le père de la IIIème République », estime le collaborateur d’Affi N’Guessan, le président du FPI.

La Constitution ivoirienne fait l’objet de contestation de toute l’opposition qui a appelé au boycott le 30 octobre dernier, jour du référendum. Cela n’a pour autant pas empêché son adoption au cours de ce scrutin avec 93,42% contre 6,58% de NON.

Richard YASSEU
Source : La rédaction Politikafrique.info

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