Nouvelle grève annoncée des fonctionnaires, pression sur le gouvernement, les fonctionnaires divisés

L’étau se resserre à nouveau sur le gouvernement ivoirien qui n’a pu encore arracher un modus vivendi à tous les syndicats de la Fonction publique. Une dizaine d’entre eux menace de demander à leurs sympathisants de déserter les bureaux à partir de ce jeudi 5 avril. Et c’est loin d’être un poisson d’avril. Le Premier Ministre ivoirien,  Amadou Gon Coulibaly, tente de calmer les ardeurs belliqueuses de ces tenant du l’« argent ou rien ». Un groupe de syndicats de fonctionnaires rejette sa proposition de trêve sociale et annonce une grève de trois jours à partir du mercredi 5 avril.

10 syndicats dissidents de la plateforme des syndicats des fonctionnaires, regroupés en  « Coalition des syndicats pour le paiement du stock des arriérés » s’oppose à l’appel  de la trêve sociale lancé par le Premier Ministre. Ils ont décidé de débrayer les 5, 6 et 7 avril, lors de leur Assemblée générale le samedi 1er avril dans la commune de Yopougon.

Joint par politikafrique.info, le Secrétaire Général de  la coalition nationale des agents et techniciens des eaux et forêts (CNATEF), porte-parole des syndicats appelant à la grève, Alidjou Touré, indique que pour aller à la trêve, il faudra que l’Etat leur donne d’abord un échéancier très clair pour le paiement du stock des arriérés.

« On maintient la grève parce que nous ne sommes pas d’accord avec la trêve sociale du Premier Ministre Gon Coulibaly. La négociation pour la trêve obéit à  un certain nombre de critères.  Les faîtières des syndicats ne peuvent pas aller négocier la trêve. Si l’Etat veut négocier la trêve, il doit faire une large consultation avec toutes les structures de la fonction publique et régler nos problèmes sectoriels», justifie Alidjou Touré.

A l’en croire,  c’est en fonction des voies  de solutions que l’Etat propose pour la résolution des problèmes que les secteurs donnent leur accord et la négociation se fait avec les centrales syndicales et non les faîtières des syndicats. « Nous avons  mandaté les faîtières pour discuter de notre stock d’arriérés. Comme leur attitude met à mal l’autonomie de notre syndicat, nous avons décidé de nous retirer et de lancer cette grève », explique le porte- parole.

Suite à la grève de janvier dernier des fonctionnaires, le gouvernement, après moult négociations avec les syndicalistes, a pu satisfaire quatre des six points de leurs revendications. La faîtière des syndicats avait accordé un délai d’un mois au gouvernement pour répondre aux deux revendications pendantes. Ce délai d’un mois épuisé, le gouvernement du Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly a invité les syndicats à une trêve sociale, vu les difficultés financières de l’Etat. Un comité national de dialogue, composé de la plateforme nationale des organisations de la fonction publique,  a été mis en place par le gouvernement afin de discuter des conditions de cette trêve sociale.

Ce samedi 2 avril, le Premier Ministre a réitéré l’appel à la trêve sociale au cours de la cérémonie d’hommage au chef de l’Etat, Alassane Ouattara, initiée par le Rassemblement des enseignants républicains (RER). Le Premier Ministre a également révélé recevoir cette semaine les syndicats membres du comité national pour le dialogue afin de signer la  trêve sociale.

« Nous traversons des moments difficiles. Nous devons donc aller à la trêve sociale. Après le déblocage des salaires et des efforts sur la réforme de la retraite, il est temps de clore les discussions pour signer la trêve sociale », a recommandé le chef du gouvernement.

En réaction, les syndicats membres de la plateforme nationale des organisations des fonctionnaires ne se reconnaissent pas dans cette nouvelle grève lancée par la  dissidence. Ils la trouvent inopportune.

« Nous sommes dans un processus de dialogue avec le gouvernement qui peut aboutir ou qui pourrait aboutir à la signature de la trêve sociale. On a demandé au gouvernement le contenu de cette trêve, c’est à cela  que nous nous attelons maintenant. Nous ne nous reconnaissons donc pas dans cette grève car nous ne sommes pas des va-t-en guerre. Notre objectif, c’est que l’Etat paye les arriérés de salaires  », indique Johnson Kouassi, vice-président de la plateforme et secrétaire général de la coordination nationale des enseignants et chercheurs (CNEC).

Poursuivant, il fait savoir que logiquement dans le syndicalisme, lorsque  les négociations ne sont pas à leur terme, on ne va pas en grève.

« L’objectif n’est pas de faire la grève pour la grève. c’est lorsqu’on refuse de négocier avec vous que vous êtes obligés d’aller en grève.  Maintenant que les négociations sont engagées, il faut attendre la fin avant toute réaction », renchérit Léon Gbin, secrétaire général du Syndicat national des enseignants de la recherche scientifique (SYNARES).

Et d’ajouter que « S’ils estiment que  les  responsables de la plateforme sont corrompus et qu’ils ont accepté une trêve, alors qu’il n’y a pas de trêve acceptée, ce sont des négociations qui sont ouvertes en vue de la signature de la trêve sociale. Les négociations sont en cours, si elles aboutissent, la trêve s’imposera d’elle-même, dans le cas contraire, les mouvements reprennent », précise-t-il. Toutefois, Léon Gbin reconnaît que cette situation fragilise la dynamique du mouvement.

Le gouvernement a été informé du préavis de grève de la  Coalition des syndicats pour le paiement du stock des arriérés depuis le 20 mars 2017, a-t-on appris.

Gnoungo Fanta
Source : rédaction politikafrique.info

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