Ouattara attendu par tous

Les ivoiriens attendent d’Alassane Ouattara une réaction à la hauteur de la colère des pilleurs dont l’acte est condamné par tous. Ils attendent de lui, une déclaration, après les mouvements de colère, officiellement dirigés contre la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE).
Celle-ci a distribué deux factures aux montants brûlants. Mais, loin de ces factures, la colère, même lorsqu’elle ne s’exprime aussi bruyamment, concerne le réajustement du prix du kw. Tous autant qu’ils sont, contactés par Politikafrique.info, attendent du Chef de l’Etat, la panacée qui soulage.
« Le Président de la République doit annuler la dernière facture d’électricité donnée aux consommateurs par la CIE. Il doit procéder à la réinsertion des ex-combattants de Bouaké, construire le plus tôt possible le marché de Bouaké et rouvrir les usines de Bouaké ». Voici traduites les attentes d’un militant du RDR qui a requis l’anonymat, joint sur facebook par Politikafrique.info.

Le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara est, depuis le déclenchement de la grogne contre les facturations de la CIE, peu au devant de la scène. Il n’a fait à ce jour aucune déclaration sur les manifestations, quelques fois violentes, qui ont secoué certaines villes du pays.
« Nous attendons qu’il écoute et entende les cris de ses concitoyens. Et qu’il prenne avec le gouvernement des mesures pour ramener le calme et apporter des solutions pour satisfaire les corps sociaux tant pour les gouvernants que pour les gouvernés. Il ne doit pas oublier que lors de sa campagne électorale, il disait qu’il est la solution aux problèmes des ivoiriens. Nous attendons donc la réalisation de cette promesse », fait savoir Yacouba Doumbia, membre du Mouvement ivoirien des droits de l’homme (MIDH).

Pour Diabaté Beh, un cadre du FPI, le problème se situe dans l’augmentation du coût de l’électricité que le Président ivoirien devrait annuler. « Il faut simplement que le chef de l’Etat prenne la décision de renoncer à l’augmentation du prix de l’électricité », soutient-il.

Pour lui, « Le problème n’est pas la période ni le mode de paiement. La question reste l’augmentation du coût du kWh pour les pauvres. Le gouvernement doit respecter ses engagements en appliquant la décision du chef de l’État qui avait annoncé publiquement le 1er mai 2016 qu’il ordonnait l’annulation de l’augmentation. Et que d’ailleurs il n’en était pas informé. Maintenant qu’il est bien informé de la situation, qu’il revienne au tarif initial. Qu’on arrête de pointer le doigt accusateur sur Affi N’guessan. Ceux qui étaient à la tête des manifestations de Bouaké, Yamoussoukro et Daloa c’est bien les militants du RDR et non ceux du FPI. La population est à la recherche d’un mieux-être. C’est le désespoir qui souvent emmène les gens dans la violence que je condamne.

On peut exprimer son mécontentement sans violence. Le gouvernement n’a plus de solution pour les ivoiriens et c’est ça qui explique sa fébrilité. Il voit la manipulation partout. Pour ce qui est de la crise à l’université, la solution n’est pas la suspension des syndicats ni la présence massive des policiers sur le campus pour contraindre les étudiants à une reprise des cours. Il faut plutôt avec courage faire face aux revendications des étudiants en prenant en compte leurs différents problèmes. Le gouvernement doit lever cette suspension » estime l’ex-conseiller économique et social.
« Il faut simplement faire confiance au président Alassane Ouattara » coupe court Charles Gnaoré le leader de Force 2020, un mouvement proche du RDR.

El Hadj Sylla Yacouba responsable communication du COSIM, lui, attend du chef de l’Etat à la fois fermeté et ouverture d’esprit. « Il doit être ferme mais aussi ouvert en pareille occasion. Aucun Etat ne peut laisser la chienlit prospérer sur son territoire. Quand on sait d’où vient le pays, il est impérieux de régler au plus vite tout germe de conflit. Cela est valable tant pour la situation qui prévaut à l’université, que celle à laquelle on a assisté dernièrement avec les facturations de la CIE. Il faut situer les responsabilités et prendre les mesures qui conviennent pour éviter de revivre par exemple ce qui est arrivé à Bouaké. Le chef de l’Etat ne doit pas laisser le désordre s’installer. Sinon ceux qui manifestent seront victimes ou alors c’est le gouvernement qui sera victime », estime-t-il.

La population avait poussé un ouf de soulagement après le discours du 1er Mai du Président Alassane Ouattara. Malheureusement, la poussée de violence est venue ramener le gouvernement à ses engagements sociaux. Tous les regards sont tournés vers le chef de l’Etat.
Richard YASSEU

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