Présidence de la CAF, la candidature de Issa Hayatou divise

Le dépôt des candidatures pour l’ élection à la présidence de la Confédération africaine de Football (CAF) a lieu le 16 mars 2017. Le camerounais Issa Hayatou, à la tête de l’institution depuis 29 ans, est candidat à sa propre succession.

Issa Hayatou se rapproche-t-il d’un 8ème mandat à la tête de la Confédération africaine de Football (CAF) ? En attendant le scrutin qui l’oppose au malgache Ahmad Ahmad, les spécialistes interrogés par politikafrique.info sont opposés sur sa candidature. Le journaliste consultant Fernand Dédeh constate une « inertie ». « C’est vrai que l’Afrique a envie de changer, et voir les mêmes visages, force une impression d’inertie. Bien qu’il a signé des partenariats beaucoup plus fort sur le plan international et économique, en l’occurrence avec Lagardère jusqu’en 2028, je dénonce le fait de penser que la CAF est une propriété privée. Il faut laisser les ambitions s’exprimer », souhaite-t-il.

Cet avis est partagé par André Haba. Ce journaliste, lui, qualifie la candidature d’Issa Hayatou de « tentative monarchique ». « La nouvelle tentative d’Issa Hayatou est semblable à un régime monarchique. Certes, il a réalisé de bonnes choses pour le football africain. Mais, il ne doit pas s’éterniser à la présidence de la Caf. Bien d’autres peuvent diriger cette institution », estime André Haba. Pour lui, Issa Hayatou, ne gère véritablement plus la CAF. « Ce sont plutôt ses lieutenants qui dirigent l’institution. Les coulisses informent d’une part qu’Issa Hayatou était lui-même un pion de Stepp Blatter. Et, d’autre part, le nouveau président de la Fifa, Gianni Infantino aurait apporté son soutien au malgache Ahmad Ahmad afin de la pistonner. Ceci pourrait mettre fin aux pressions exercées par Issa Hayatou sur les présidents des fédérations africaines qui ne font pas partie de sa mafia. Toutefois, bien qu’il ait amendé les textes antérieurs, il y a des arguments pour le rendre valablement Président, parce qu’il a beaucoup de projets débutés qui doivent être achevés », relativise André Aba, journaliste au journal ivoirien le Jour Plus.

Pour le consultant Izou Dine, le huitième président de la CAF aux commandes depuis 1988 représente toute une machine. Il est la pièce maîtresse d’un puzzle.

« Depuis belle lurette, on fait la remarque qu’il y a toujours moins de deux candidats dans la course à la présidence de la Caf face à Issa Hayatou. On se trouve dans le cas où, quand quelqu’un est candidat contre Issa Hayatou, ils prennent toujours des mesures à la dernière minute pour pouvoir annuler la candidature contre Issa Hayatou. Ca été le cas avec Jacques Anoma l’ex-président de la Fif», exprime Izou Dine qui espère un changement à la direction de la Caf cette année. Il reconnait par contre que, « ce qui pourrait sauver le futur mandat d’Issa Hayatou, c’est sa proposition de accepter des 10 places africaines de plus, au niveau des compétions mondiales par la Fifa. Cela pourrait être un moyen. Par ailleurs, depuis son sixième mandat, il a dit qu’il ne se représentera plus mais à chaque élection, il se représente. Issa Hayatou représente toute une machine. Et, s’il part, la machine s’écoule. Donc, on le maintien là. C’est l’une des pièces maîtresse d’un puzzle à la dimension de l’Afrique », clame le spécialiste.

Contrairement aux premiers avis, les présidents de clubs de football applaudissent la candidature du dirigeant de la CAF. Alexis Vagba, dirigeant de l’Africa Sport, un club de football ivoirien, affiche un soutien sans réserve à Issa Hayatou. « C’est un homme de compétences. Il a rendu beaucoup de services au sport en Afrique. Issa Hayatou, à son âge, a présidé la Fifa pendant un moment de crise sans précédent. Et Moi, je suis un légaliste. Si le règlement certifie qu’il peut se représenter, il doit le faire. Son équipe travaille bien. Et quand c’est le cas on ne la change pas. Personnellement, moi je l’apprécie et l’encourage », assume-t-il. Pour Christine Ezoua, la présidente de Moosou Football Club, il faut soutenir Issa Hayatou. « Je pense qu’Issa Hayatou va passer. Il a beaucoup fait pour le sport en Afrique, pour les clubs en Afrique et pour la jeunesse africaine. C’est une personne exceptionnelle qui fait toujours de son mieux. Il a de grande ambitions et il faut e soutenir. Moi, je le soutiens », est-elle convaincue.

« Au niveau de la Fifa ou de la Caf, rien n’est limité. Je peux me limiter, cela dépend de moi, mais, les textes ne me l’interdisent pas. Peut-être que je vais aller jusqu’à dix, où est le problème », avait ironisé Issa Hayatou, lui même en janvier 2017 .

Moïse ACHIRO.

Source : Politikafrique.info

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