RDC- On retient son souffle, tout droit vers l’abîme

La République Démocratique du Congo RDC, traverse une crise de légalité.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) qui a entamé ce 8 décembre des  pourparlers pour rallier l’opposition dans sa totalité devrait s’exprimer ce mercredi 21 décembre, après une visite au Pape François au Vatican en Italie.

L’opposant historique Etienne Thisékédi, de l’UPDS, qui  est partie prenante des pourparlers de la Cenco, a invité déjà les congolais à une « résistance pacifique », alors que selon certaines sources, des émeutes auraient éclatées dans le pays malgré la présence renforcée de l’armée.

Les manifestations pour le départ du président Joseph Kabila et le retour des exilés dont le candidat Moïse Katumbi ont embrasé Kinshasa, la capitale congolaise avec selon une source de Politikafrique.info sur place, « entre 9 et 26 morts » quand le gouvernement lui, fait état de deux morts, un policier lynché et un civil.

Les organisations des Nations Unies avancent elles, dix neuf morts et quarante cinq blessés et dénoncent « l’usage excessif de la violence » par les forces de l’ordre.
Joseph Kabila, le président, qui devait  achever son mandat hier, lundi 19 décembre, conformément à la Constitution du pays, a pris le soin de couper sur internet,  tous les réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national.

Le politologue Geoffroy Julien Kouao ramène la problématique au respect de la Constitution.
«  La République démocratique  est un scandale politique. Depuis l’indépendance, avec l’assassinat de Patrice Lumumba, la gestion chaotique du pouvoir par Mobutu Sésé Seko et la gestion patrimoniale par Laurent Désiré Kabila ; Joseph Kabila, n’a pas cherché à moderniser la gouvernance dans ce pays. Son mandat est à terme, il n’y a qu’une seule chose, c’est de partir. Le propre de la démocratie, la logique démocratique, c’est l’alternance politique », dit-il.

Il poursuit son analyse estimant que, « Maintenant, les accords signés avec une partie de l’opposition, ne donne aucune légitimité à Joseph Kabila, pour rester au pouvoir. Et, je pense que la communauté internationale, au-delà de cette condamnation, doit être assez ferme sur la question. C’est un véritable coup d’Etat constitutionnel. Je pense aussi qu’il convienne que ce soient les dirigeants politiques de la sous-région qui interviennent pour ramener dans un premier temps, les hommes politiques  du pouvoir et de l’opposition sur une table pour des négociations encore significatives » ajoute le politologue.

Pour finir son appréciation de la situation politique qui prévaut dans le pays, Geoffroy Julien Kouao se réfère aux instances internationales et appelle à de nouvelles négociations de l’Union africaine.
«  Il faut que l’UA et l’ONU se penchent spécialement sur la question. Aujourd’hui, le leader de l’UDPS, M.Etienne Thisékédi a demandé à la population de ne plus reconnaître l’autorité de Joseph Kabila. C’est aujourd’hui aussi que le nouveau gouvernement a été formé. Tout ceci participe de la conclusion politique. Je pense que la communauté internationale doit avoir une attitude ferme. Lorsqu’on finit son mandat, il faut respecter la Constitution et  se retirer. M. Kabila fait du dilatoire pour rester  au pouvoir » condamne-t-il.

Edem Kodjo, Facilitateur controversé envoyé par l’Union Africaine au Congo, signait le 18 octobre dernier, un accord politique, qui indique le maintien de Joseph Kabila au pouvoir jusqu’à l’élection d’un nouveau président selon les normes démocratiques.

Ce nouveau Premier Ministre qu’est Samy Badibanga,  dans sa lancée a publié hier lundi, son équipe gouvernementale.

Un gouvernement d’union nationale composé de 67 membres à savoir, 3 vices-premiers ministres, 7 ministres d’Etat, trente-quatre ministres et vingt-trois  vice-ministres.

Il faut préciser que Samy Badibanga, le nouveau Premier Ministre provient de l’UDPS,  le parti Union pour la démocratie et progrès social, dirigé par Etienne Thisékédi qui lui,  a refusé de  participer au dialogue national mené par Edem Kodjo.

Les partis de l’opposition  que sont CNDP, le RCD, l’AFDL et le PPRD avec la majorité présidentielle ont paraphé un accord avec le pouvoir.

Moïse ACHIRO.
Source : Rédaction Politikafrique.info

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