RHDP- Des partis « démocrates » à contrecœur / Adam’s Régis SOUAGA

Les partis houphouétistes en sont-ils à croire encore qu’ils sont en 1980, à l’époque du parti unique pour empester l’atmosphère de leur querelle interne ?

Félix Houphouët-Boigny de qui Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara se revendiquent héritiers politiques était un démocrate. Même la recherche du consensus chez le « vieux » ne visait pas tant à embrigader les énergies mais privilégiait l’intérêt de la jeune Côte d’Ivoire en construction. C’est pourquoi, le PDCI-RDA acceptait et favorisait le pluralisme des idées pour le développement des localités. N’a-t-on pas vu plusieurs candidatures aux élections législatives et municipales de 1985 et 1990 ? N’étaient-ce pas des cadres du PDCI-RDA qui proposaient des stratégies et programmes pour le développement de leurs localités ? Certes, avec des fortunes diverses, chacune des régions de la Côte d’Ivoire a expérimenté la démocratie au sein du PDCI-RDA.

Le « Bélier » de Yamoussoukro qui n’a jamais reculé devant l’adversité jusqu’à sa mort a ouvert le jeu politique le 30 avril 1989, permettant au « clando » Laurent Gbagbo et à son FPI de sortir au grand jour. Par un vibrant « don de soi », Félix Houphouët-Boigny étalait son challenger le 30 octobre 1990. Laurent Gbagbo a même eu droit à la parole sur les antennes de la RTI caporalisée et aux couleurs PDCI d’alors !

De quoi a peur Henri Konan Bédié ? Trois ans avant 2020 qui ne sonne pas comme la fin du monde, il tord la main à son allié et veut, en sage Baoulé, empêcher Guillaume Soro, à qui l’on prête tous les mauvais et bons rêves, de parler. Comme ce vieux qui regarde de manière fixe un jeune homme qui s’apprête, en assemblée, à faire sortir la boutade dénonciatrice de quelques actes malveillants de vieux ! Une autre forme d’expression. Et le président du PDCI en a usé dans sa dernière grande sortie médiatique bien ficelée.

Depuis, c’est la guerre des mots, on essaie de se faire peur. Bédié, qui en tout état de cause est le président du PDCI-RDA s’est exprimé sur tous les sujets qui touchent au quotidien des ivoiriens, les préoccupent. Mais, il n’a point fait injonction. En fin tacticien, il est à la juste manœuvre politicienne. C’est de bonne guerre.

C’est pourquoi, il est aussi loisible à n’importe quel ivoirien, fut-il Joël N’guessan, porte-parole principal du RDR de s’exprimer et donner de la voix sans que cela ne provoque des urticaires et une coulée de lave chez des militants du PDCI-RDA. Leur parti est bien « le parti démocratique de Côte d’Ivoire », qui se nourrit de contradictions et non de suivisme aveugle. Ne veulent-ils pas, MM Bédié et N’guessan, tous, du bien pour leurs concitoyens avec les meilleurs choix issus du clan houphouétiste ? Si, répondront les militants aux glaives.

Pourquoi donc Touré Mamadou désavoue-t-il sur la place publique le porte-parole principal du RDR, son parti ? Le RDR est-il une secte qui vient de voir un plan diabolique trahi par Joël N’ guessan, ivoirien libre de propos ?

Le RDR est sorti des entrailles liquéfiées par l’ivoirité au sein du PDCI en 1994 pour déni de démocratie. Celle-ci se nourrit de contradictions mais du verbe qui fédère et celui-ci a su fédérer autour de l’ambition démocratique de Djény Kobenan, Souleymane Coty Diakité, Badobré, Alexandre Ayié Ayié et autres. Pourquoi donner un point de vue est-il un crime de lèse-majesté ?

Tout ivoirien a bien, si tant est-il que notre pays et le pouvoir défendent les vertus démocratiques, le droit de s’exprimer. Pourquoi des militants du PDCI-RDA et du RDR jettent-ils Joël N’guessan aux flammes expiatoires ? A moins que la Côte d’Ivoire, sous la coalition au pouvoir, ne soit redevenue, la grande chefferie Baoulé implantée par la Reine Abla Pokou ou un royaume du Nord. Impensable en 2017 où des jeunes gens, en âge de voter, n’ont jamais vu une image de Félix Houphouët-Boigny, occupés qu’ils sont à manipuler smartphones, i-phones, et faire facebook avec des « lol » ou « RIP ». Le vieux sage en aurait bénéficié si c’était de son temps. Malheureusement.

Cette jeunesse, qui va à l’école, qui est dans les universités et qui tend à imprimer sa marque à l’évolution sociale, pour la majorité des fils de paysans, planteurs de cacao et d’igname, aspire aujourd’hui, plus que jamais à avoir voix au chapitre. Ces jeunes ivoiriens que rien ne saurait entraver leur liberté d’expression n’ont que faire des « aventures 46 ». Eux, ont leurs parents qui ont sué sang et eau pour leur assurer une vie plus ou moins réussie. Eux, ne sont pas des « fils à papa » ou amis d’Houphouët-Boigny ou « protégé de ». Ils aspirent à la paix, qui se construit sur du roc et non sur le sable de la peur. Ce pays n’est ni une chefferie ou un royaume ! Et le suffrage appartient au Peuple qui en définitive, décidera de qui aura en charge sa destinée en 2020 ! Le reste, un jeu de rassasiés !

Adam’s Régis SOUAGA
Source : Rédaction Politikafrique.info

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