Rumeur de rapatriement forcé de réfugiés- Le Saara, « Non, la Côte d’Ivoire a signé la Convention de Genève »

L’élection de Nana Akufo Addo, supposé proche d’Alassane Ouattara à la tête du Ghana, a fait courir la rumeur d’un possible rapatriement forcé des réfugiés ivoiriens de ce pays. Pour en savoir davantage, Politikafrique.info a interrogé le Service d’aide et d’assistance aux réfugiés et apatrides (Saara).

Pendant la campagne présidentielle ghanéenne, des internautes avaient émis des craintes quant à une élection de Nana Akufo Addo, supposé proche d’Alassane Ouattara. Un rapatriement forcé des réfugiés ivoiriens est-il envisageable ?
« Tout comme la Côte d’Ivoire, le Ghana a ratifié les Conventions pertinentes relatives à la Protection des réfugiés notamment  la Convention de Genève de 1951 relative au Statut des réfugiés  et celle de l’OUA de 1969. Ces deux instruments juridiques prévoient le non refoulement des réfugiés et demandeurs d’asile vers des territoires où leurs vies, leurs libertés  ou intégrités sont menacées », rappelle  Dr Kouamé Kouakou Lacina, conseiller technique du ministre des Affaires étrangères et coordonnateur du Service d’aide et d’assistance aux réfugiés et apatrides (Saara).

Ils sont 10 957 réfugiés ivoiriens au Ghana  selon les dernières statistiques du HCR datant du 27 décembre 2016.  Pendant la crise post-électorale, le nombre d’ivoiriens réfugiés au Ghana était estimé à 11 452.

Dr Kouamé Kouakou Lacina, indique qu’à la faveur de la signature de l’accord tripartite entre le HCR et les gouvernements de la République de Côte d’Ivoire et du Ghana,  le 06 Octobre 2011, 231 réfugiés sont rentrés par convois facilités par le Saara et le HCR.

A  la veille de la présidentielle ghanéenne de fin 2016, la Coordination du FPI en exil  a produit une déclaration recommandant  aux réfugiés de ne pas se mêler de la politique interne du Ghana. Le même communiqué, signé par Emile Guiréoulou,ex-ministre de la Fonction publique de Laurent Gbagbo, a émis des soupçons à l’en contre du pouvoir d’Abidjan.

« Nous nous permettons d’attirer l’attention des autorités et du peuple ghanéen frère sur les manœuvres du pouvoir d’Abidjan tendant à discréditer les réfugiés ivoiriens afin de susciter une hostilité contre eux de la part des populations ghanéennes », stipule la déclaration.

De son côté, le Coordonnateur du  Saara rappelle certaines dispositions prises «  en vue de garantir la réintégration et la durabilité du retour des rapatriés ». Il  cite, entre autres, la prise de dispositions « afin que les personnes dépossédées de leurs biens puissent les recouvrer dès que la preuve de cette situation et le statut de propriétaire sont établis », et  l’apport d’« une assistance judiciaire aux personnes vulnérables sans aucun frais ».

S’agissant des  perspectives 2017 pour l’ensemble des réfugiés ivoiriens dans la sous-région, le Saara  prévoit « la facilitation des convois de rapatriement volontaire des réfugiés ivoiriens (environ 11 000 sont ciblés), l’organisation de missions de sensibilisation  et d’information dans les pays d’asile et en Côte d’Ivoire, en vue d’inciter les réfugiés ivoiriens au retour, La poursuite des actions de plaidoyer en vue de la réintégration socio-économique des rapatriés… »

Nesmon De Laure
Source : Politikafrique.info

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