Secteur privé,  ruée des marques étrangères : la résistance des entreprises africaines

 

Le cabinet Kantar spécialiste en conseils  et études a rendu public ce 5 mai  au Plateau  les résultats d’une étude  réalisée sur les opportunités de croissance et d’affaire qu’offre l’Afrique aux grandes marques.

Samsung (69%) infinix  (69%) iphone (42 %) LG (28%) alcatel (27%) sont le taux estimé en terme de notoriété  publicitaire à ses différentes marques de téléphones mobiles. Concernant la notoriété spontanée elles ont : samsung (64%)  infinix (65)% iphone (47%)  LG (34%)  alcatel (48). Cette étude réalisée  sur un échantillon de 400 personnes consistait à donner les marques qui séduisent les africains.

La marque est le nom sous lequel un produit est commercialisé. Les plus grandes entreprises cherchent de nouveaux territoires où investir d’où la destination Afrique à cause de sa forte croissance économique actuelle et à venir. En 2020 le PIB combiné de l’Afrique sera de 2,600 milliards de dollars et les consommateurs africains estimés à environ 1,5milliards dépenseront annuellement plus de 1, 400 milliards. Ce qui constitue un vaste  marché potentiel pour ces entreprises. Cependant les entreprises qui arrivent doivent y mettre de la manière. Il s’agit de tenir compte de la créativité, l’esprit d’entreprise,  l’originalité, le désir d’Afrique, la fierté des africains.

« L’Afrique n’est pas l’Europe et l’Afrique ne répond pas au modèle de développement en Europe, il faut prendre certaines spécificités en compte »,  a clarifié Ndeye Diagne,  directrice Afrique francophone de Kantar. Elle a précisé qu’il faudrait donc prendre en compte le local, les aspirations que se font les africains et ne pas appliquer des méthodes qui ont fait certes leurs preuves ailleurs  de façons aveuglante.

Est-ce que les entreprises sur place pourront tenir devant ces géants internationaux. ?

« Il faut y croire. Il y a beaucoup de modèle de succès face à des grandes entreprises parce qu’elles ne font pas tout à fait la même chose. Elles ont des modèles innovants, créatifs, différents qui font que j’ai la conviction que cela peut fonctionner », affirme  Ndeye Diagne. Elle ajoute que la tendance est positive pour les opérateurs locaux.  «  Il va y avoir des marques qui seront choisies parce qu’elles sont africaines et  ont un langage panafricain ».

Pour Sako Maxime  consultant en économie, cette ruée des grandes marques occidentales peut être également  bénéfique pour les firmes locales : « car on apprend en se frottant aux grands » justifie-t-il. Cependant, il préconise que  les Etats africains renforcent leurs capacités  à remplir leur rôle  « de gendarme » du marché. Selon lui, même si cela peut paraître aberrant que l’Etat intervienne dans une économie libérale, il affirme que les pays en voie  d’émergence ont besoin de garder la main sur son marché intérieur  et garder une part de marché aux nationaux. Il suggère aussi que les Etats balisent le champ d’action des entreprises étrangères : «  secteur financier, infrastructures, technologie, grande distribution mais également renforcer  les capacités opérationnelles de nos entreprises ; assouplissement de la pression fiscale, aide à l’équipement, lignes de financement. »

Plusieurs études ont  été réalisées dans 3 pays africains : Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Cameroun qui sont  très représentatifs et les locomotifs de l’Afrique francophone. C’est au total plus de 2500 interviews réalisées au cours de ces études  avec des experts, journalistes, consommateurs et blogueurs.

 Raïssa Yao

Source:Politikafrique.info

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