Surprises démocratiques / Philippe Di NACERA

Décidément les peuples occidentaux ne nous épargnent aucune surprise : sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne, élection de Donald Trump à la Présidence des Etats-Unis d’Amérique, élection de François Fillon comme candidat de la droite à l’élection présidentielle de mai 2017 en France, donc comme probable futur Président de la République française. Trois énormes surprises en six mois, ce que Hubert Védrine, ancien conseiller de François Mitterrand et ministre des affaires étrangères dans les années 90, un des plus fins analystes de la vie internationale, nomme « la révolte démocratique des peuples ».

Sans vouloir comparer, car chaque pays a sa propre situation politique, nul ne peut ignorer le vent mauvais qui souffle sur la majorité depuis la publication des listes électorales pour les élections législatives par le RHDP : la multiplication des candidats indépendants, recalés de l’estampille « RHDP », l’irrationnel mouvement de sympathie populaire que suscite la candidature de Yasmina Ouégnin, uniquement parce qu’elle a dit non, la décision de deux petits partis de la coalition au pouvoir (UDPCI et UPCI) de concourir seuls, sous leur propre bannière, aux élections législatives, en sont évidemment les signes.

Quelles que soient les frustrations ressenties, justifiées ou pas, par les uns et les autres, que les indépendants se fassent sanctionner par leurs partis respectifs, de même que les leaders des deux partis en question soient démis sans tardé de leurs fonctions ministérielles (fonctions qu’ils occupaient depuis longtemps au nom de cette coalition), il n’y a là rien qui doit surprendre. Aucun parti ne peut accepter ce type de dissidence, aucun Président ne peut tolérer l’expression d’un tel défi à son autorité.

Ce qui ne manque pas d’étonner en revanche, c’est que tous ces responsables dont aucun n’est tombé de la dernière pluie politique, aient tout de même choisi de défier les instances dirigeantes de la majorité dont le premier responsable est le chef de l’Etat, sachant que la réaction ne pourrait être que rapide et forte. Qu’ont-ils cherché à exprimer en défiant l’unité de la majorité et l’autorité des chefs?  Les interprétations sont diverses et on pourrait les décliner à l’infini. Quoi qu’il en soit, ce qui ne pouvait rester sans réponse de la part des chefs, est le signe d’un malaise au sein de la majorité.

Reste à savoir comment en sortira cette même majorité RHDP, dont la fusion des partis qui la compose s’éloigne un peu plus, au sortir du processus législatif, le 18 décembre. Il sera temps, sûrement, de recoller les morceaux pour prendre en compte les messages pré et post-électoraux qui auront été envoyés par le peuple ivoirien.

L’un des plus importants, c’est qu’à l’époque de l’économie numérique, des réseaux sociaux, des télévisions satellitaires, de la libéralisation audiovisuelle, au Nord, au sud, à l’est, à l’ouest, il devient difficile de gouverner par « mots d’ordre ».

Philippe Di Nacera
Directeur de la publication

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