Terrorisme : Des journalistes africains montent au front


Le ministère ivoirien de la Communication a présidé  ce 10 août  2016 à Abidjan un séminaire de journalistes africains sur la couverture médiatique des attentats térroristes. La rencontre est une initiative conjointe de l’Union Catholique Africaine de la Presse, section Burkina Faso (UCAP-Burkina)  et l’Association Ivoirienne des Journalistes Catholiques (AIJC).

Le  directeur de l’information de la Radiodiffusion  Télé ivoirienne (RTI), Koné Lassiné a été limogé suite à l’attentat terroriste survenu  le 13 mars 2016 à Grand-Bassam. Il a été reproché à la télévision publique ivoirienne d’avoir manqué d’instinct professionnel face à un tel événement. Une rencontre de football passait en direct aux premières heures de l’événement.  Un site privé d’informations s’est vu aussi sanctionné en Côte d’Ivoire pour avoir donné un bilan humain fantaisiste, contraire au chiffre officiel.

La couverture médiatique des attentats est  également problématique au Mali. C’est ce que relève Jérôme Drabo de l’hebdomadaire Tribune Libre du Mali. « Au Mali, les informations relatives aux attentats sont relayées par les médias européens. Les autorités préfèrent s’adresser à ces derniers. Du coup, de nombreux organes privés livrent des informations contradictoires. Il faut noter, en outre, que les médias locaux n’ont pas de grands moyens pour assurer une couverture efficace », révèle le journaliste malien interrogé par Politikafrique.info.

Le débat de la couverture médiatique des attentats a également lieu en Europe. En France, lors des attaques de Charlie Hebdo et de l’Hyper cacher en janvier 2015, il a été reproché aux chaînes d’information en continu d’avoir mis en danger la vie de certains otages. Il leur a été notamment reproché d’avoir révélé des informations stratégiques, pendant les prises d’otages.

Devant le phénomène de la terreur, les journalistes africains veulent prendre leurs responsabilités. La rencontre se déroule autour du thème : « L’intégration sous-régionale et les défis sécuritaires: Le rôle des médias ». Une  quarantaine de journalistes  du Sénégal, du Mali, du Ghana, du Togo, du Niger, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire prennent part à l’activité jusqu’au 13 Août 2016.
Interrogé par Politikafrique.info, en marge  de la cérémonie d’ouverture,  Alexandre Le Grand Rouamba, président de l’Union Catholique Africaine de la Presse, section Burkina Faso (UCAP-Burkina) pense qu’il est temps d’agir de manière professionnelle : « Les  journalistes ouest africains n’étaient pas préparés à ce genre de situation. Dans les comptes-rendus des attentats en Afrique de l’Ouest, on a pu lire des articles qui accompagnent la propagande. Les journalistes le font par mégarde.  Devant certaines situations, il faut faire intervenir sa foi.  Il ne faut viser rien que la vérité », prône-t-il.

Pierre Kouamé, président de l’Association Ivoirienne des Journalistes Catholiques (AIJC) abonde dans le même sens : « En tant que journalistes et communicateurs, nous nous devons de traiter les informations liées aux menaces terroristes sans attiser la haine religieuse. En tant que chrétiens catholiques, notre responsabilité est encore plus grande devant le risque d’amalgame. La religion catholique est attachée à  la liberté religieuse », rappelle-t-il.
« Faits religieux et informations d’ordre sécuritaire : quel traitement pour préserver et consolider la paix dans la sous-région ? » et « Liberté religieuse et promotion de la paix et de la sécurité durable dans le monde » sont, entre autres, les sous-thèmes à développer pendant l’activité.

Pour Dr Lora Michèle, inspecteur technique, représentant Affoussiata Bamba Lamine, ministre ivoirien de la Communication, la question est plus que d’actualité : « Nous encourageons les séminaristes pour que la rencontre d’Abidjan soit un cadre original de  réflexions et d’échanges. Les communications aideront les participants à apporter leurs contributions à l’avènement d’un monde plus humain et plus fraternel », croit-elle.
L’Union catholique africaine de la presse  est un regroupement d’hommes et de femmes qui travaillent dans des médias aussi bien confessionnels que laïcs (journalistes, techniciens, photographes).  La structure permet aux membres de vivre leur foi à travers leur métier. Elle mène entre autres des activités de formation professionnelle et des activités spirituelles pour raffermir la foi des adhérents.

Nesmon De Laure

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