Transport urbain- Amadou Koné, « Gnambros », la récréation va prendre fin

La dernière sortie des « gnambro »  ( Voici ma main en malinké) le 27 février dernier au rond-point du zoo d’Abidjan a entraîné un arrêt de travail des minicars de transport (Gbaka), troublé le trafic routier sur l’axe Adjamé-Abobo. Action qui n’a pas été du goût des autorités ivoiriennes qui ont décidé de prendre des mesures idoines afin de remédier au phénomène « gnambro ».

Les usagers de transport en commun, chauffeurs de taxis communaux et gbaka pourraient espérer être débarrassés  des « gnambros ». Le gouvernement s’apprête à prendre des mesures adéquates à l’endroit de ces jeunes gens qui rackettent les chauffeurs à chaque carrefour en leur imposant des « tickets »  journaliers à payer  et des quotas à verser  après chargement de leur véhicule sur les différentes lignes sous menace d’interdiction de travailler.

« La récurrence de cette situation met à mal la fluidité des transports à Abidjan et la sécurité sur les voies de desserte des communes… Le Gouvernement se propose, les jours à venir, d’initier à travers les départements ministériels concernés, des consultations, à l’effet d’y apporter des solutions appropriées » peut-on lire dans un communiqué du ministère des transports rendu public ce 28 février.

Koné Mamadou,  secrétaire général du syndicat national des chauffeurs  de transport terrestre de Côte d’Ivoire (synaptci) salue cette décision du ministère.

« Ce système qui consiste à mettre des enfants à chaque carrefour pour encaisser les chauffeurs en dehors  des droits de chargement doit être banni » fait-il savoir. Il trouve inadmissible cette pratique qui n’a «  ni père, ni mère. »
En plein travail au carrefour sababou dans la commune d’Adjamé, il dit être également président d’un comité mis en place qui veillera à ce que ces  gens n’embêtent plus les chauffeurs. Il précise que des sous-comités ont déjà été installés sur toutes les lignes. Sans préciser si ce comité ne reprendra pas le flambeau des « gnambros » dans quelques semaines.

Touré Adama président de la coordination nationale des gares routières, affirme être sûr  que les mesures qui seront prises par le gouvernement «  n’auront aucun effet. Il y a deux ans nous avons assisté à l’adoption d’une loi concernant les mêmes gnambro ; mais cela n’a rien donné » sans expliquer les raisons de cet échec.

Pour lui c’est une aberration qu’un véhicule qui doit faire 25000 fcfa de recette par jour en verse 14000 FCFA « à des gens qui n’ont pas de véhicule et n’ont rien à avoir avec le métier et qui en plus, ne payent aucune taxe à l’Etat de Côte d’Ivoire » précise-il. Il remet également en cause la crédibilité du ministère des transports, qui en 2013, alors que le Lt-Col Koné Zakaria avait réussi à enlever cette pègre des gares,  était intervenu pour qu’ils reviennent sur le terrain.

Par ailleurs, il déplore le fait que ce soit ces gnambros qui sont décorés par la chancellerie mais également le fait qu’après avoir été attaqué par ceux-ci, ses collaborateurs soient emprisonnés alors les gnambros sont relâchés. Mais Touré Adama ne dit pas non plus qu’il encadre lui-même des « gnambros » qui se réclame de sa coordination, aux entrées de la grande gare d’Adjamé dit « Gbèba ».

Lors de leur manifestation de  mécontentent Traoré Mamadou, un chauffeur de gbaka s’était confié à politikafrique.info «  Nous voulons que le Ministre des transports remette de l’ordre dans le transport avec les gbaka. Depuis 13 ans je suis chauffeur, nous n’avons pas d’interlocuteur pour se plaindre et évoluer. Le plus grave, les syndicats ne sont même plus sérieux, ce sont les « microbes » qui font la loi ici. Nous ne voulons plus de cela. Il faut que la situation change dès ce soir avec l’aide du gouvernement. »

Une semaine avant, le 21 février, dans la commune de Cocody, une altercation du même genre entre les chauffeurs de taxis communaux, gnambros et les syndicats  avait suscité un arrêt de travail également des conducteurs. Les chauffeurs avaient évoqué comme raison, le retour des syndicats à ce même carrefour du  zoo  24 h plus tôt leur demandant de payer des taxes que le maire de la commune avait interdit un an auparavant.

« A chaque fois, c’est la même chose ces syndicats vont et reviennent. Il faut que le maire soit ferme. Nous en avons marre » avait rappelé Koné Adama, un chauffeur de taxi manifestant. Les ivoiriens voudraient avec Amadou Koné rêver d’un lendemain meilleur sur les routes, débarrassées de cette mafia de « gnambras » et « syndicats » dans lesquels les chauffeurs ne se reconnaissent pas. Le nouveau ministre veut percer le sac à jetons qui circule entre des mains occultes depuis des années. Attendons de voir.

Raïssa Yao

Source:Politikafrique.info

Commentaires Facebook Politik Afrique

comments

EVALUEZ CET ARTICLE
User Rating
0/10

ARTICLES DE LA CATEGORIE

Quelque chose à dire :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*